Meteor Crater et Petrified Forest National Park

Au départ de Flagstaff, nous empruntons la mythique route 66 (qui fusionne à cet endroit de son tracé avec l’Interstate-40) pour rouler vers l’est et nos destinations du jour : Meteor Crater et Petrified Forest National Park.

Avant toute chose, un arrêt au Starbucks s’impose pour bien commencer la journée. On tente également une approche du Walnut Canyon, mais le vent et la similarité avec Wupatki National Monument qu’on a visité la veille finissent de nous convaincre de faire l’impasse.

Une petite heure de route plus tard, on arrive au milieu de nulle part à Meteor Crater. Pour une fois, il ne s’agit pas d’un lieu public administré par le National Park Service, mais bien d’une propriété privée appartenant à la famille Baringer depuis 1903. Il faut donc débourser la coquette somme de 18$ par personne (en 2017, aujourd’hui en 2020 c’est déjà passé à 22$…) pour y accéder.

Une fois à l’intérieur, la visite se fait uniquement avec un guide qui nous fait un petit briefing avant de nous emmener sur un chemin qui longe le bord du cratère. On estime que l’impact a eu lieu il y a environ 50 000 ans lorsqu’une météorite de 50 m de diamètre qui pesait 300 000 tonnes a touché le sol à la vitesse de 46 000 km/h. Difficile d’appréhender des nombres pareils, mais on nous dit que ça représente une bombe environ 150 fois plus puissante que celle d’Hiroshima. Toujours difficile à comprendre, mais on réalise que ça a dû secouer à l’époque. Quasiment tout a été détruit à 20 km à la ronde et tout ce qui était vivant a instantanément été brûlé vif dans un rayon de 4 km…

On a ensuite droit à une petite ballade sur un chemin qui longe le bord du cratère (les visites dans le cratère ne sont aujourd’hui plus autorisées). La vue est super impressionnante et on n’avait jamais rien vu de tel de notre vie : le cratère fait 1,3 km de diamètre et presque 200 m de profondeur. Il est étonnamment symétrique !

La famille Baringer est la première a avoir émis l’hypothèse que ce cratère a été causé par l’impact d’une météorite et non pas par un volcan. Comme on nous l’explique, ce qui leur a mis la puce à l’oreille est que les roches aux alentours du cratère sont empilées exactement dans l’ordre opposé à celui dans le cratère, ce qui serait le résultat d’un retournement pur et simple de 175 millions de tonnes de roches suite à l’impact avec la météorite.

Avec un permis spécial, ils ont creusé pendant 27 ans dans ce cratère et jusqu’à une profondeur de 419 m dans l’espoir de trouver les restes de la météorite en nickel qui s’était en fait complètement vaporisée lors de l’impact. Les puits de forage ne cessaient de s’effondrer dès qu’ils atteignaient la nappe phréatique, mais ça ne les a pas empêchés de maintenir l’effort pendant plus d’un quart de siècle…

Dans les autres faits divers liés au cratère :

  • Un petit Cessna s’est crashé dans le cratère en 1964 après avoir essayé de le survoler avec les réservoirs bien pleins. Un bel exemple de perte de portance quand il fait trop chaud.
  • Le sol est assez chargé en matières métalliques, il parait donc qu’ici les orages sont très violents, car les éclairs sont littéralement attirés par le sol.

Après cette visite impressionnante, on continue notre chemin toujours vers l’est jusqu’à un nouveau parc national : Petrified Forest.

On entre par le nord dans une partie qui s’appelle Painted Desert. On n’en voit qu’une petite partie ici dans le parc, mais le Painted Desert s’étend en fait sur 20 000 km² dans une bonne partie du nord-est de l’Arizona. Il s’agit d’un paysage extrêmement coloré, mélange de roches blanches, oranges, rouges, violettes qui s’empilent les unes sur les autres dans un décor désertique. On resterait des heures à admirer ça.

En lisant les panneaux explicatifs, on apprend que ces roches font partie de la formation de « Chinle » et qu’elles datent d’il y a plus de 200 millions d’années, à l’époque de la Pangée où il n’existait qu’un seul continent sur Terre. Toutes ces couleurs sont la conséquence de divers degré d’oxydation du fer présent dans le grès (sandstone) et le mudstone qui composent ce décor fantastique. Nous voilà encore un peu moins bêtes, ça nous rappelle la petite leçon de géologie qu’on avait eue avec un super ranger à Canyonlands NP.

En descendant plus au sud dans le parc, on croise le tracé de l’ancienne route 66. Il ne s’agit plus que de quelques poteaux de bois alignés qui soutenaient l’ancienne ligne téléphonique et d’une vieille carcasse de voiture de la marque Studebaker disparue depuis, mais l’endroit est symbolique et assez représentatif de ce que ça devait être à l’époque : le Far West.

Un peu plus loin, nouvel arrêt à Newspaper Rock : un rocher qui doit son nom à la multitude de pétroglyphes qui sont dessinés dessus. Encore un vestige des Indiens Pueblos qui nous renvoie plus de 1000 ans en arrière, à l’époque où ces derniers les ont dessinés pour illustrer le quotidien de l’époque.

Le prochain stop se fait à Blue Mesa, un très bel exemple de « Blue Badlands » qui sont des paysages désertiques de roche très friable (de la bentonite) rongés par les pluies torrentielles qui ont lieu de temps à autre dans des endroits désertiques comme celui-ci. On se balade un peu au milieu de ces « mini-montagnes » aux 1000 tons de bleus, c’est à nouveau un paysage unique qu’on n’aurait jamais eu l’occasion de voir en Belgique !

La dernière étape de la journée est le cœur du parc et sa raison d’être : la partie sud où on peut admirer les logs de petrified wood. On déambule pendant une petite heure sur ces chemins parsemés de bois pétrifié, des morceaux de tronc (ou parfois de troncs entiers !) de bois transformé en pierre multicolore. On avait déjà eu un petit aperçu de bois pétrifié lors de notre voyage dans le parc du Yellowstone à Lamar Valley.

Le processus de fossilisation prend place lorsque du bois est enfoui à l’abri de l’oxygène sous des sédiments qui sont ensuite parcourus par une eau riche en minéraux qui viennent remplacer le bois et cristalliser avec les mêmes motifs que le tronc original, ce qui les rend quasiment éternels. Chaque morceau est différent et on s’amuse à les prends en photos sous tous les angles. On apprendra par après que le bois pétrifié n’est pas si rare que ça, on en aurait même trouvé près de Hoegaarden en Belgique !

Entre les logs, on tombe sur un petit groupe de junior rangers qui sont en train de prêter serment. Il n’y a rien à faire, les Américains sont quand même forts pour mettre les choses en scène, même pour les plus petits !

La journée a été bien remplie, et on termine en rejoignant notre hôtel (le Spring Hill, vraiment bonne surprise, car rénové récemment) à Gallup, une ville-étape une heure encore à l’est, après avoir re-franchi la frontière du Nouveau-Mexique. C’est fini l’Arizona !

Pour le souper, on trouve un petit italien (Fratelli’s Bistro) avant de passer la soirée à boire des bières qui baignent dans l’évier rempli de glaçons dans la chambre d’hôtel, la classe intégrale.

Le lendemain, destination Albuquerque !

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