Roswell et White Sands National Monument

Après l’exploration des grottes de Carlsbad et une nuit à Bottomless Lake SP, nous avons rapidement traversé la petite ville de Roswell, mondialement connue pour l’hypothétique crash de soucoupe volante qui y aurait lieu en juillet 1947.

Après avoir pris quelques photos d’enseignes du centre-ville qui possèdent toutes une allusion aux petits hommes verts, on décide de ne pas emprunter le chemin le plus court pour rejoindre Alamogordo et le White Sands National Monument, car on a la possibilité de suivre la Billy the Kid Byway qui porte le nom du célèbre hors-la-loi.

Sur la route, on marque un arrêt dans le petit village de Lincoln qui est au centre de l’histoire de Billy the Kid. Elle a été le théâtre de la guerre du comté de Lincoln entre 1878 et 1881. Cette mini-guerre opposait deux clans rivaux qui se disputaient le monopole du commerce dans la région et a quand même fait une centaine de morts. A l’époque, la petite rue sur laquelle on roule était réputée comme étant « la rue la plus dangereuse de tous les USA » par le président Rutherford. Après cette guerre, Billy the Kid a été condamné à mort par pendaison, mais a réussi à s’échapper du tribunal (ci-dessous en photo). Il ne faudra pas plus de 3 mois pour que son destin le rattrape et qu’il meure d’une balle dans le cœur, âgé d’à peine 21 ans. C’était il y a déjà plus de 130 ans, mais sa courte vie lui aura valu une réputation qui subsiste encore aujourd’hui. Il s’en est suivi certaines rumeurs comme quoi Billy the Kid n’était pas mort, et plusieurs personnes ont clamé être Billy jusque dans les années 1950.

Dans la petite ville de Lincoln, les rues sont décorées et quasiment toutes les maisons ont installé des petites devantures pour fêter la fête des Morts (Dia de Muertos). C’est sympa, mais on a vite fait le tour à pieds.

Après encore quelques dizaines de kilomètres, on aperçoit enfin au loin les dunes blanches de White Sand Dunes… Ca fait longtemps qu’on attend ce moment, car pendant la préparation du voyage, on a vu plein de photos paradisiaques de ces grandes dunes immaculées !

Les dunes blanches sont composées de gypse (CaSO4 pour mes amis chimistes) et il est très rare d’en trouver sous forme de minéral pur sur terre, car il est soluble dans l’eau et se fait en général dissoudre par les pluies et emmener dans les fleuves puis les océans. Ce n’est pas le cas ici, car la zone dans laquelle on se situe est endoréique : les précipitations qui tombent ici ne rejoignent jamais l’océan, mais s’évaporent car nous sommes dans une gigantesque cuvette.

Le parc de White Sands a une autre particularité : une partie sert encore aujourd’hui de site d’essais de missiles. C’est la raison pour laquelle on n’est jamais certain de pouvoir y entrer : le parc est fermé environ une demi-journée par semaine et les horaires ne sont publiés sur le site du NPS que quelques jours à l’avance. C’est aussi ici qu’ont eu lieu le premier test de bombe nucléaire, les tests sur les missiles V2 après la guerre et les essais de trains d’atterrissage de navettes spatiales plus tard. Bref, touristes et missiles se côtoient de très près.

Une fois arrivé à l’entrée du parc, on fait comme à notre habitude un arrêt au visitor center pour récupérer des cartes et cette fois-ci louer une luge et la wax qui va avec pour dévaler les dunes plus tard dans l’après-midi.

Avant tout cela, on s’arrête pour pique-niquer avec un bon barbecue à « Heart of the Sands« , une grande plaine dans laquelle sont installés plein de tables à pique-nique avec une tôle courbée qui sert de « parasol ». Il n’y a quasiment personne aux alentours et le décor est lunaire, le sable blanc à 360° est hyper éblouissant, encore un de ces moments uniques dont on se souviendra longtemps !

L’après-midi, on se lance dans l’Alkali Flat Trail, mais on n’en fait finalement qu’une partie. Il s’agit d’une boucle à travers les dunes blanches dont les seuls marqueurs sont des piquets rouge vif disposés de manière régulière pour que les gens ne perdent pas. Ça n’empêche pas qu’il y ait régulièrement des morts. Le dernier date de juillet 2018, mais il y eut aussi en 2015 un couple de parents français qui n’avait pas pris assez d’eau. Seul le fils de 9 ans a survécu après que les parents se soient séparés pour retrouver le chemin et que le père lui ait donné ses derniers centilitres d’eau.

Après 2 km, je propose à Pauline de couper « au court » à travers la boucle pour rejoindre l’autre côté, mais avec toutes ces histoires de morts, elle n’est pas très motivée à perdre les petits piquets rouges de vue. Je parviens finalement à la convaincre de prendre un raccourci qui diminuera de moitié la longueur de la randonnée, et sans se perdre !

On part ensuite se trouver une grande dune un peu isolée pour aller jouer aux grands enfants et la descendre sur notre luge waxée. C’est marrant, mais après 4-5 descentes, la chaleur et la fatigue ont raison de nous. On retourne au visitor center rendre la luge (ce qui donne droit à un remboursement partiel). On vous conseille d’acheter une luge déjà usagée, ça ne fait aucune différence, à part pour le portefeuille !

Pour la fin d’après-midi et le coucher de soleil, on a prévu de participer à un de ces ranger walks organisés dans certains parcs, ici le « Sunset Stroll Walk« . Notre ranger du jour vient des Pays-Bas et séjourne ici dans le cadre d’un programme de volontariat de un an qu’elle partage entre deux parcs nationaux américains. La lumière est sublime pour prendre des photos, les collines blanches deviennent légèrement dorées. C’est aussi l’occasion de découvrir la faune et la flore de ce type de désert : les kangaroo-rats (qui tiennent leur nom de leur capacité à faire des bonds impressionnants), les apache pocket-mouses (qui ont des abajoues), les cottonwoods, les honey mesquites, les coaptree yuccas ou encore les skunkbush sumac dont les racines maintiennent le sable en place dans leur réseau très dense et créent des sortes de piédestaux.

Une fois le soleil couché, la température tombe très vite. On reprend la voiture pour rejoindre Oliver Lee State Park où on campe le soir même. Sur la route, on manque d’écraser des lapins qui traversent par dizaines à la tombée de la nuit. Le camping n’est pas très loin, mais vu qu’on est obligés de rouler à 20 à l’heure pour éviter de faire plein de petites victimes. Le temps d’arriver, on est bons pour monter la tente à la lueur des phares. On finit la soirée par le classique feu au coin duquel on se fait notre petit festin de campeurs.

Le lendemain, le réveil sera froid, mais pas autant que le précédent. On remballe une nouvelle fois nos brols avant de rouler environ 4h vers le prochain parc : Chiricahua National Monument !

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