Carlsbad Caverns NP

Après avoir légèrement écourté notre séjour à Guadalupe Mountains NP pour cause de vent glacial, on arrive début d’après-midi à Carlsbad Caverns NP, un parc qui renferme les grottes souterraines les plus profondes des USA, à près de 500 m sous terre !

Notre premier arrêt est le visitor center pour y retirer des tickets pour la visite des grottes le lendemain à la première heure.

Pour aujourd’hui, on se contente de visiter ce qui est visitable en surface : une petite scenic drive (la Walnut Canyon Desert Drive) qui dure environ une heure et son petit fascicule explicatif.

Au coucher du soleil, on a prévu un spectacle hors du commun : l’envol des chauves-souris ou bat flight program comme ils l’appellent. Chaque jour en saison (mai à octobre), on peut venir s’installer dans l’amphithéâtre à l’entrée de la grotte. Les règles sont assez strictes et sont enforced comme ils disent : pas de GSM allumé, pas d’objets métalliques qui s’entrechoquent et on ne peut que chuchoter une fois que les chauves-souris sont là. On arrive bien à l’avance pour avoir une place et la ranger commence par une séance de questions-réponses vu qu’on ne sait jamais exactement quand l’envol aura lieu. Une fois l’envol commencé, il faut garder un silence absolu et les photos sont interdites, car les sons et flashs perturbent beaucoup les chauves-souris. A chaque fois que 2-3 chauves-souris sortent, tout le monde croit que ça commence, mais elles se font attendre les petites.

A 18h06, on entend un vrombissement qui remonte du fin fond de la caverne (qu’on ne voit même pas tellement il est profond) et sortent subitement des dizaines de milliers de chauves-souris. La ranger prend note de l’heure pour leurs statistiques.

C’est une expérience difficilement explicable, un véritable extrait de Batman ! On n’entend que des battements d’ailes et elles tournoient quelques dizaines de fois au-dessus de nos têtes avant de se diriger dans le désert environnant pour passer la nuit à chasser des insectes. Le flux est incessant, c’est à se demander qui donne le signal 500 m sous nos pieds. Au loin, ça ressemble à des vols de moineaux et ça dessine des formes qui se meuvent dans le ciel. Le spectacle dure 20 minutes sans que personne ne parle, tellement le spectacle est saisissant. On a tous envie d’être bouche bée, mais le risque qu’une chauve-souris ait la bonne idée de se soulager au-dessus de nos têtes nous fait rester concentrés ! En parlant de se soulager, l’odeur est assez forte pendant l’envol, ça prend au nez et ça prouve bien qu’il vaut mieux changer ses vêtements une fois le spectacle terminé.

Même si on n’a pas pu prendre nos propres photos, on vous en met quelques-unes issues d’Internet pour vous donner une idée :

Une fois le spectacle terminé, on regagne la voiture pour rouler jusqu’Artesia où on a prévu de passer la nuit. Au fur et à mesure qu’on se rapproche de notre destination, une odeur très forte de pétrole remplit la voiture. On comprend vite pourquoi quand on voit les centaines de puits de pétrole qui s’étendent à perte de vue de chaque côté de la route. Pour vous rendre compte, ci-dessous une carte satellite sur laquelle chaque petit carré blanc représente un puits d’extraction :

On soupe au Wellhead, dont la majorité des clients porte encore leur bleu de travail et vient tout juste de finir leur journée dans l’énorme raffinerie qui est de l’autre côté de la route et qui produit 100 000 barils par jour…

Après une nuit au Confort Inn, on quitte de bonne heure pour redescendre à Carlsbad Caverns. On a la chance d’être parmi les premiers à descendre dans la grotte par la Natural Entrance Trail. Ça valait vraiment la peine de se lever tôt car le silence absolu qui règne dans l’entrée béante rajoute une couche à notre étonnement devant les volumes autour de nous. La descente à pied nous prend une petite heure.

On découvre plein de concrétions (ou spéléothèmes pour les puristes) différentes : les classiques stalagmites et stalactites, mais aussi les draperies, les soda straws (des stalactites très fines et très longues) et les popcorn plus méconnus.

La pente est super raide, le sol humide, et nos yeux s’habituent doucement à la semi-obscurité. Très vite, la lumière naturelle n’arrive plus jusqu’à nous et il ne reste que les quelques spots installés pour mettre en valeur les différentes formations calcaires. D’ailleurs, à l’endroit où les rochers sont éclairés, on peut voir des algues vertes pousser. Partout ailleurs, elles sont incapables de survivre par manque de lumière.

La température est stable toute l’année à 13°C dans toute la grotte, c’est parfait tant qu’on marche, mais lorsqu’on est remonté à la surface 4h plus tard, on était quand même contents !

On n’entend que le son de nos pas résonner dans le gros conduit qui nous emmène dans les entrailles de la Terre jusqu’à atteindre la rest area qui se situe 850 pieds (260 m) sous terre, une zone aménagée avec magasin de souvenirs, toilettes construites à même la roche et… ascenseur qui permet de remonter directement au visitor center… Des gens plus paresseux que nous sont déjà là parce qu’ils sont descendus par l’ascenseur. Ça fait vraiment bizarre de voir des constructions « humaines » à une telle profondeur. La seule fois où on est descendus plus bas, c’était quand on avait exploré une mine d’or dans le Colorado.

On a réservé un tour guidé de Kings Palace, une zone qui n’est pas accessible sans être accompagné. Le guide nous raconte l’histoire de la découverte de la grotte par l’explorateur Jim White en 1898. A l’époque, il n’y avait que des lanternes pour s’éclairer et il valait mieux ne pas tomber à court de combustible si on voulait sortir vivant. Une fois dans la Big Room, on est super impressionnés par le plafond à 78 m au-dessus de nos têtes et l’immensité de la cave. Au plafond, il y a un trou qui mène à une autre cave et le guide nous explique comment les explorateurs de l’époque ont installé une échelle en bois grâce à un ballon d’hélium qu’ils ont fait s’engouffrer dans le trou pour y amener un grappin. Au fur et à mesure des décennies, d’autres caves ont continué d’être découvertes dans ce réseau souterrain immense qui compose le parc.

Nous explorons ensuite une autre salle où le guide a prévu de nous faire expérimenter l’obscurité absolue. Il nous fait asseoir avant d’éteindre les lampes et nous restons ensuite une bonne minute à essayer de nous adapter à l’obscurité, mais vu qu’il n’y a absolument aucune lumière, notre vue commence à nous jouer des tours. L’odorat et l’ouïe deviennent de plus en plus sensibles. Il nous demande de passer notre main devant nos yeux. C’est incroyable, mais nous avons l’impression de voir une ombre passer devant nous, c’est en fait le cerveau qui reconstitue une illusion pour combler l’absence totale de signaux venant de l’extérieur. Il nous raconte l’histoire d’une touriste amputée du bras qui a fait le même exercice et dit avoir vu les mêmes ombres que les autres !

Evidemment pas de photos pour illustrer ça, mais autant vous dire que lorsqu’il a rallumé, ça a été violent !

Après la visite guidée, on remonte à la surface avec l’ascenseur pour aller dîner. Ce sera spaghettis au réchaud sur le parking malgré un vent violent, avec toujours cette hantise que la bonbonne soit vide avant qu’on ait pu cuire les pâtes…

On redescend ensuite une heure pour visiter les autres salles qu’on n’a pas eu le temps de faire le matin et dans lesquelles on peut se promener librement. Encore beaucoup de formations diverses et variées, mais il commence à y avoir beaucoup de monde et après plusieurs heures, on commence à avoir fait le tour et à vouloir retourner se réchauffer à al surface…

Vers 14h00, on reprend la route pour notre camping du soir situé dans Bottomless State Park, un petit parc d’état qui attire surtout les pêcheurs. On monte la tente au milieu des moustiques, mais il n’y a pas de bois sur place pour le barbecue. On fait donc le crochet par la petite ville de Roswell (oui, c’est celle qui est tellement célèbre pour les ovnis) et c’est l’occasion de prendre quelques photos marrantes. On n’a pas eu le temps de visiter le musée de l’ovni ni le site du crash qui est en fait situé à une centaine de kilomètres de là.

Après avoir tenté notre chance dans un magasin de lassos qui nous paraissait être un magasin de bricolage de l’extérieur (véridique), on trouve finalement des bundles de bois dans une pompe à essence. On soupe comme à l’habitude avec un bon BBQ, mais cette fois-ci en devant chasser le raccoon qui n’arrête pas de s’approcher de notre table pour manger les restes.

On s’endort vers 20h30 dans le froid avec un voisin complètement bourré qui n’arrête pas de grogner et dont chaque phrase contient au moins un « fuck » ou « fucking » ou « motherfucker ». Et comme au camping, les sons sont toujours amplifiés, on a constamment peur qu’il vienne se prendre les pieds dans notre tente… Sweet dreams.

Au réveil, il fait 1°C et on a vite fait de remballer la tente et de prendre une rapide douche tiède. En chemin vers notre prochaine étape (White Sand Dunes NP), on repasse à Roswell pour y prendre quelques photos des devantures de magasins, toutes aux couleurs des petits aliens verts.

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