Marfa et Guadalupe Mountains NP

Après 3 superbes journées passées dans Big Bend National Park et un contrôle inopiné de l’immigration, on arrive dans la petite ville de Marfa pour passer la nuit.

On y a réservé un AirBnb qui, lorsqu’on le découvre, se révèle pour le moins spartiate. Ça fera l’affaire pour une nuit, mais on ne s’y attardera pas ! On a laissé un commentaire légèrement négatif sur le matelas, il n’a pas fallu longtemps pour qu’on se fasse allumer en retour par la proprio…

Marfa est une petite ville de 1700 habitants fondée en 1880 pour servir de réserve d’eau pour les trains à vapeur qui reliaient à l’époque les deux côtes américaines. Aujourd’hui, elle est surtout connue pour ses nombreuses galeries d’art minimaliste. Tout a commencé dans les années 70 lorsque Donald Judd, un célèbre artiste new-yorkais y a déménagé. Aujourd’hui, de nombreuses fondations (Judd, Chinati, Lannan…) y soutiennent des projets d’artistes et possèdent des galeries dans toute la ville. On n’a pas eu/pris le temps d’en visiter, mais certaines personnes font des centaines de kilomètres pour venir se perdre ici, c’est que ça vaut le détour !

Marfa est également connue pour les « Marfa lights », des lumières étranges qui apparaissent la nuit en direction de la route 67 (par laquelle on est arrivés venant de Presidio) et que les gens ont associé pendant des décennies à des fantômes, ovnis, etc. En 2004, une équipe scientifique a prouvé qu’il s’agissait simplement des reflets des phares des voitures qui roulent sur cette route. On n’a pour notre part pas eu la chance de voir cette curiosité locale !

En ce qui nous concerne, on a trouvé cette ville assez étrange. Les touristes viennent ici pour visiter des galeries d’art, mais 25% des jeunes vivent ici en dessous du seuil de pauvreté, le tout perdu au fin fond du désert texan.

N’ayant qu’une soirée sur place, on a été boire l’apéro dans le seul bar qu’on ait trouvé : le Lost Horse. C’était folklorique. Le genre de bar où tout le monde se retourne quand tu rentres si tu n’es pas d’ici. Il n’y a pas de carte pour commander, uniquement une dizaine de bouteilles de bière couvertes d’un bon millimètre de poussière derrière le barman parmi lesquelles il faut choisir. Pas facile vu qu’on ne sait plus lire les étiquettes.

On va boire notre verre dans l’arrière-cour qui s’avère être un terrain de terre battue avec de vieilles chaises en plastique. On rigole de se trouver dans un cadre pareil. A la table à côté de nous, il y a un vrai cowboy avec des santiags et un cache-œil et des chiens (qui ont l’air d’être des chiens de combat) qui se battent. On n’a pas osé prendre de photo, mais ça valait le détour.

Pour souper, on a été dans un « bel hôtel » du centre-ville chez Gett’s Grill où j’ai pu déguster une super bonne jambalaya, mon nouveau plat préféré !

La nuit a été agitée avec des trains qui sont passés en klaxonnant tout la nuit. Le lendemain, on a sillonné la ville en voiture histoire de voir à quoi ça ressemble de jour avant de passer devant les énormes hangars de la Chinati Foundation et continuer la route vers le nord.

Le soleil se lève à peine et la lumière est magnifique.

Sur la route, on ne peut louper l’arrêt devant le « Prada Marfa » : un faux magasin Prada – avec une vraie collection Prada en vitrine – perdu au milieu de nulle part et étant en fait une oeuvre d’art destinée à dépérir avec les années jusqu’à devenir une ruine. C’était sans compter les vandales qui ont forcé l’installation d’une alarme et de caméras.

Un peu plus loin, un étrange truc qui flotte attire notre attention. Il s’agit d’un TARS (Tethered Aerostat Radar System), un aérostat rempli d’hélium auquel est arrimé un radar qui permet au DHS de surveiller la frontière mexicaine et les éventuels avions qui passeraient en rase-motte pour échapper aux radars classiques… Il y en a paraît-il 9 autres disséminés le long de la frontière sud des USA.

On traverse la petite ville de Valentine où les 3/4 des bâtiments qui jouxtent la route sont abandonnés et où tous les habitants semblent vivre dans des caravanes. On est loin du rêve américain.

En approchant de Van Horn, on traverse une gigantesque culture de noix de pécan qui s’étend de part et d’autre de la route pendant 10 kilomètres… La proximité de l’Interstate 10 qui longe la frontière sud du pays y est sûrement pour quelque chose.

Avant d’arriver à notre destination (Guadalupe Moutains National Park), on traverse encore de très beaux paysages avec des vues incroyables sur les chaînes de montagnes de Sierra Diablo, Baylor Mountains et Delaware Mountains alors que notre GPS essaie de nous faire passer par des chemins privés de ranch… On en revient à la bonne vieille carte papier, car de toute façon pas de réseau ici.

On arrive finalement milieu de matinée au parc national des Guadalupe Moutains et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il vente. Les rafales atteignent 70 MPH (112 km/h) et on est censé dormir en tente ce soir… On rentre quand même dans le visitor center histoire d’obtenir quelques conseils, mais le ranger a l’air encore complètement bourré de sa soirée de la veille et sent l’alcool à 20 m. On se contente de prendre la carte du parc et de se lancer dans une promenade qui a l’air sympa et un peu à l’abri du vent : « Devil’s Hall ». On prend 2h15 pour la faire avec un début assez périlleux dans un ancien lit de rivière avec des cailloux gros comme mes poings, mais on est récompensé par le fameux « Devil’s Hall » à la fin et quelques jolies photos. Au moins, on a été tranquilles !

De retour au parking, on dîne a l’abri du vent dans la voiture et on se dit que le camping n’est pas une super idée en voyant la tête de ceux qui sont en train d’essayer d’installer leur tente pour la nuit. La nuit froide et venteuse de 3 jours auparavant à Chisos Basin a l’air d’être une partie de plaisir à côté de ce qui attend ces campeurs. On réserve en panique un hôtel à Artesia, pas très loin de notre prochain stop : Carlsbad Caverns.

On a notre compte de vent pour la journée et on décide d’abréger la visite de ce parc. Il est génial pour ceux qui veulent se lancer dans des randonnées de plusieurs jours, mais à part ça, pas grand-chose à faire. Et pour des conditions pareilles, on n’est pas vraiment équipés.

Il n’y a que 50 km pour rejoindre Carlsbad Caverns National Park, il nous restera donc un morceau d’après-midi pour commencer à le découvrir !

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