Rando à cheval dans le Montana et route à travers l’Idaho

Après le parc du Yellowstone, notre dernière étape avec Yan et Zab a été le Montana avant de redescendre via l’Idaho vers Salt Lake City ! Et quitte à expérimenter le Montana, autant faire bien dans le cliché. On avait donc réservé une randonnée à cheval et une nuit dans un ranch !

En quittant le camping de Mammoth, on roule vers le nord vers la sortie nord du parc du Yellowstone et la petite ville de Gardiner où on fait un bref arrêt à la Roosevelt Arch. Il s’agit d’une arche en pierre construite en 1903 par le président Roosevelt (ils ont été originaux lorsqu’ils ont choisi le nom) et par laquelle les visiteurs du début du 20e siècle entraient en calèche dans le Yellowstone.

Sur le dessus de l’arche, on peut lire « For the benefit and enjoyment of the people » qui est un extrait de l’acte de 1872 signé par le Congrès américain et via lequel le Yellowstone (qui est le premier parc national américain) a été créé. Les Américains disent que le Yellowstone est le premier parc national créé sur la planète (prévisible), mais apparemment, les Mongols avaient presque 100 ans d’avance. On va dire qu’ils ont raison…

Cet acte de 1872 a en tout cas lancé le mouvement des parcs nationaux dans de nombreux pays du monde et en même temps initié la création du futur NPS, le National Park Service, qui gère aujourd’hui tous les parcs des USA et nous permet de profiter de ces endroits d’exceptions.

On continue notre matinée et notre chemin par un grand détour vers le nord, car les routes sont peu nombreuses ici. C’est l’occasion de traverser une partie de la Gallatin National Forest dont l’appellation protège des forêts d’aspens et de pins sur une surface équivalente à la Corse…

On mange en vitesse un pique-nique au bord de la route (ce n’est pas les endroits bucoliques qui manquent dans le coin) avant d’arriver à Big Sky, chez Jake’s Horses !

J’avais sonné il y a plusieurs mois pour réserver la randonnée pour nous 4, et j’étais tombé sur Jake, le proprio qui a un accent à couper au couteau. Dans les jours qui ont précédé, j’avais quand même eu un doute sur le fait qu’on s’était bien compris sur l’heure et le tour à réserver, mais tout était prêt à notre arrivée ! Le temps de seller les 4 chevaux et nous apprendre les bases (surtout moi qui n’avais jamais fait de cheval de ma vie) ainsi que le nom de nos chevaux (le mien s’appelait Traitor, ça commence bien) et on était partis !

Yan et Zab ont pris un tour de 4h tandis que Pauline et moi avons eu peur pour nos fessiers et pris seulement 2h – et on ne le regrette pas ! On a commencé la randonnée tous ensemble en montant directement à flanc de montagne avec nos deux guides qui ouvrent et ferment la marche. Le dénivelé est impressionnant et on entend les chevaux essoufflés avoir du mal à monter nos poids morts jusqu’au sommet. Le sentier sur lequel on avance n’est pas plus large qu’un sentier de randonnée et est super rocailleux. C’est impressionnant de voir à quel point les chevaux sont à l’aise sur un terrain aussi accidenté. Je suis dernier et ma monture est assez lente donc dès que le reste du groupe nous distance un peu, il se met au trot pour les rattraper. C’est assez impressionnant, mais c’est seulement le début de mes surprises.

A un moment donné, on doit traverser une espèce de grosse flaque de boue et le cheval de Pauline juste devant moi essaye de sauter au-dessus pour ne pas se mouiller, ce qui effraye le mien pas pour rire. Il m’emmène au galop pendant probablement 3-4 secondes qui m’ont paru être une éternité. Selon les autres, mon visage était plutôt livide juste après cette expérience. Mais j’aurai été le seul chanceux ce jour-là à expérimenter le galop !

Le reste de la montée se passe sans problème, même si le cheval de Pauline qui est juste devant moi me pète à la figure à chaque pas qu’il fait… Je ne me rendais pas compte qu’il pouvait y avoir autant d’air à l’intérieur des intestins d’un cheval, ou alors il en aspirait entre les coups.

Arrivé sur la crête, c’est le spectacle ! On a une vue panoramique sur les montagnes enneigées du Montana et pas un bruit à part le vent (et les pets du cheval de Pauline).

Nos montures en profitent pour brouter un peu d’herbe pendant que le mien pisse 10 litres qui ont la couleur d’un Sauternes… Même avec la déshydratation qui nous a frappés la semaine suivante dans la vallée de la mort je ne pissais pas aussi jaune vif !

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Le groupe se sépare, Yan et Zab continuent une boucle plus grande avec leur guide tandis que Pauline et moi bifurquons pour redescendre la montagne sur un autre versant. Notre guide n’est pas très bavarde, mais ce n’est pas grave, on descend calmement dans la vallée au milieu des buissons de sauge sauvage dont l’odeur remplit nos poumons. On a une vue de dingue, on caresse nos gentils canassons et on n’entend rien à part le grincement de la selle et le vent dans les arbres. Il ne manque que le goût pour en faire une stimulation complète des 5 sens ! Pour ce dernier aspect, on a fait un arrêt obligatoire à la brasserie juste après.

On a aussi eu un peu de mal à imposer notre volonté à nos montures. Ici le cheval de Pauline qui avait envie de se gratter dans les sapins. J’avoue, j’ai ri narquoisement.

Au bout de nos deux heures de balade, on rejoint une piste où Jake nous attend avec son vieux tacot et une remorque pour ramener les chevaux. En descendant de selle, des muscles dont on ne soupçonnait même pas l’existence se manifestent. On n’ose pas imaginer notre état si on était partis pour 4h avec les autres.

On est assis à l’avant de la camionnette avec Jake. Des fils sortent de partout sur le tableau de bord (ou plutôt de ce qu’il en reste). On lui pose quelques questions pour meubler le trajet de retour vers le ranch, mais on ne comprend pas 20% de ce qu’il nous répond tant son accent est prononcé. C’est assez frustrant après bientôt 2 ans aux USA de se retrouver comme au premier jour à ne comprendre que des bribes et reconstruire tant bien que mal le sens de la phrase qu’on vient d’entendre.

De retour au ranch, il nous reste une bonne heure et demie à tuer avant le retour des autres. On décide de monter jusqu’à la station de ski de Big Sky, située non loin de là, et qui est apparemment la plus grande du pays avec ses 2300 hectares sur lesquels il tombe 10 m de neige chaque année. On sillonne la route entre les immeubles et les chalets de luxe, où même Obama a déjà séjourné !

En redescendant, arrêt obligé à la brasserie locale, la Lone Peak Brewery. Pour ne pas changer les habitudes, on se prend un petit flight, assortiment de 5 échantillons parmi les différentes bières brassées sur place.

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Après avoir été récupéré nos 2 compères, on se rend au 320 guest ranch où on a réservé une cabine pour la nuit.

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On ne s’y arrête que pour passer la nuit, mais beaucoup de ranchs dans la région sont des dude ranch, c’est-à-dire qu’en plus de leurs activités classiques d’élevage, ils acceptent les touristes à qui ils font vivre l’expérience de l’immersion dans la vie quotidienne du ranch et de ses tâches. Souvent, il s’agit de packs d’une semaine (coûtant quand même aux alentours de 2500 $ par personne tout compris) durant laquelle vous pourrez faire des balades en cheval, des randonnées, une initiation à la pêche à la mouche, aller chasser, faire un barbecue sous les étoiles au milieu des champs, etc. Bref, du typique, mais pour les gens qui ont les moyens.

Contents d’avoir enfin pris une bonne douche, on se retrouve au Corral Bar pour aller passer la soirée et manger. Une fois rentrés à l’intérieur, l’ambiance est donnée, on est à peu près les seuls qui ne portent pas de chapeau de cow-boy, mais on adore l’ambiance qu’il y a dans ces endroits fréquentés par les « locaux ».

On aura droit le lendemain matin à un déjeuner des plus copieux au ranch avant de s’embarquer pour une journée de voiture et parcourir les 500 kilomètres qui nous séparent de notre point de départ, Salt Lake City.

La majorité de la journée consiste à rouler au milieu des plaines de l’Idaho, l’état de la Patate ! On traverse d’abord Ashton, la capitale mondiale de la seed potato. Ces pommes de terres sont vierges de tout virus ou maladie et sont utilisées par les fermiers pour planter leurs champs. Si celles qu’ils cultivaient l’année d’avant ont attrapé un virus, ce dernier se transmet à la génération suivante, à moins de recommencer avec des seed potatoes neuves, d’où l’intérêt ! Les champs d’Ashton sont particulièrement bien adaptés à ce genre de cultures car les hivers rudes et longs de la région tuent tous les germes qui pourraient contaminer la terre ou les plantations.

Même si ce féculent est l’emblème de l’Etat de l’Idaho (on y produit plus d’un tiers des patates du pays), cet Etat est essentiellement agricole. Pendant des dizaines de kilomètres à travers les champs, on ne voit que des successions de petites fermes avec leurs toits mansardés si typiques et leurs gros silos à grains. Juste des beaux paysages, verts, bruns et bleus.

On croise aussi quelques distilleries de vodka (logique, le produit de base est disponible en suffisance ici), mais on n’a malheureusement pas l’occasion d’en goûter !

En chemin, on profite également d’une super vue sur l’autre versant de la chaîne de montagnes du Grand Teton, au pied de laquelle on était une semaine plus tôt.

On marque enfin un arrêt pour la pause de midi dans la petite ville de Victor, où on profite d’un dîner succulent au Sherwood’s Post. Encore une petite perle perdue au milieu de nulle part, on adore découvrir des endroits comme ça par hasard.

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L’attraction principale de l’après-midi, c’est le passage par la petite ville de Soda Springs qui a la particularité d’accueillir en son sein :

  • des sources d’eau pétillante naturelle. Ça avait fait fureur lors de la commercialisation à la fin du 19e siècle sous la marque Idanha, avant qu’on n’invente l’eau pétillante artificielle…
  • un geyser sur lequel un minuteur a été installé et lâche la pression à l’heure pile. C’est le seul geyser captif du monde, et on ne l’a même pas vu jaillir !
  • l’usine Monsanto qui fabrique le Roundup. Ça, c’est un peu moins la classe

On arrive finalement fin d’après-midi à Salt Lake City pour profiter un peu de la piscine de l’hôtel, sauvegarder et échanger nos milliards de photos prises ces 8 derniers jours, et faire découvrir un immanquable à Yan et Zab pour souper : le Five Guys.

Le lendemain matin, on dépose nos 2 camarades à l’aéroport de Salt Lake pour qu’ils récupèrent une voiture de location avec laquelle ils continueront leur voyage vers le sud de l’Utah et les grands parcs. On se fait nos grands adieux chez Hertz pendant qu’ils essayent de régler les petits problèmes administratifs qui sont toujours inévitables quand on loue une voiture.

Maintenant, c’est parti pour la deuxième partie de notre voyage : on a la journée pour traverser le Nevada de part en part et rejoindre un autre couple d’amis à Las Vegas le soir !

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