Yellowstone : Old Faithful, Grand Prismatic et West Yellowstone

Neige… de la neige… rien que de la neige à perte de vue. Voilà notre surprise du matin en ouvrant la tirette de la tente. Vicieuse, elle est tombée sans bruit pendant la nuit sur tout le parc. On se réveille avec un rire un peu nerveux, mais heureux d’avoir relativement bien dormi dans des conditions pareilles – surtout grâce aux super sacs de couchage de l’armée que notre ami Brice nous a prêtés. L’expérience est nouvelle pour tous les 4.

On comprend enfin ce qu’on entendait « glisser » sur la toile de la tente pendant la nuit, c’étaient les quelques centimètres de neige qui sont tombés. La sortie de la tente est délicate, surtout quand on se rend compte que la neige fondue par notre chaleur corporelle a trempé les chaussures de marche que François comptait mettre tout la journée…

On parvient tant bien que mal à démarrer un feu pour nous réchauffer grâce au survival kit que Brice nous avait donné avant de partir : un bon vieux Zip militaire et des allumettes comme on en avait jamais vu, c’est sûr, ça aide ! On prend un rapide petit déjeuner en partageant nos expériences de première nuit enneigée qui finalement ne fut pas si terrible.

La journée peut commencer. On embarque dans la voiture, avec pour premier objectif ce jour-là de rejoindre la zone de Norris. C’était sans compter la neige qui nous a bien ralentis et fait louper l’embranchement qu’on devait prendre. On roule bien trop longtemps avant de réaliser que l’on s’est trompé de chemin, mais cela n’aura pas été inutile, car au moment où l’on décide de faire demi-tour, un attroupement de voitures attire notre attention : deux petits grizzlis sont en train de gratter le sol enneigé pour chercher de la nourriture. L’arrêt est indispensable pour prendre des photos et profiter du moment, malgré le froid.

Oui, oui les deux sont des « petits », la maman pèserait plutôt aux alentours des 500kg et elle ne doit pas être bien loin.

On fait ensuite demi-tour pour poursuivre le programme de notre journée, histoire de ne pas la passer dans la voiture, quoique le chauffage la transforme en petit cocon qu’on a moyennement envie de quitter. Mais bon, on n’est pas là pour le confort ! Après avoir rebroussé chemin sur quelques kilomètres, Pauline, Yan et Zab se lancent dans la petite promenade de Artist Paintpots, au sud de Norris. Malgré la neige, qui rend la visibilité difficile tout en donnant un côté féerique et silencieux, cela en vaut la peine ! De nombreux bains chauds de toutes sortes de couleurs sont parsemés dans la zone, telle une palette de peintre. Pendant ce temps, là, François reste dans la voiture avec le chauffage des pieds à fond et les chaussures en face des entrées d’air pour les sécher. Au bout de 5 minutes, obligé d’ouvrir les fenêtres, car il faisait trop chaud dans la voiture, mais avec la contrainte qu’il neige dans la voiture. Un bel exemple de comportement écologique. Mais bon, c’était ça ou marcher toute la journée dans des chaussures trempées, attraper une pneumonie et mourir dans d’atroces souffrances à 27 ans (non, non, il n’exagère pas).

Une fois les autres revenus à la voiture (brûlante) et les chaussures bien séchées, on retourne vers Old Faithful où on était la veille. On avait manqué le tour des geysers que l’on veut faire aujourd’hui. Après un pique-nique en compagnie d’un coyote dans le cadre charmant du parking du visitor center, on entame la promenade qui nous fait slalomer sur des caillebotis entre geysers et bains chauds.

C’est assez impressionnant d’en voir autant si proches les uns des autres et si différents. C’est un festival de couleurs et de formes. Au passage, on a même trouvé la Belgian Pool ! Toujours pas compris ce qu’il y a de belge avec ce bassin, mis à part un très douteux parallèle avec les 3 couleurs du drapeau (noir-jaune-rouge-bleu, c’est bien connu) …

Avec le recul, on a aussi eu l’occasion de voir une nouvelle éruption du gigantesque Old Faithful sous une autre perspective que la veille.

L’après-midi avance bien et on est en pleine hésitation entre une nouvelle promenade pour admirer le très célèbre Grand Prismatic (celui avec toutes les couleurs, la carte postale obligée lorsqu’on visite le Yellowstone) ou aller se réchauffer à West Yellowstone. La première option l’emporte, car on ne peut passer à côté de cet immanquable du parc. Malheureusement, les températures étant tellement basses et l’humidité élevée à cause des récentes averses, la vapeur au-dessus du bassin est très épaisse. On ne fait que deviner les reflets légers de toutes les couleurs dans le brouillard. On est d’autant plus déçus que le trail qui nous aurait permis d’admirer toutes ces couleurs du dessus est encore fermé à cause des ours (« doing their business« , encore).

Milieu d’après-midi, on prend la route vers West Yellowstone pour aller se réchauffer dans un pub où on passera finalement la fin d’après-midi et la soirée. Le nom du bar (la loutre glissante, ou slippery otter) ne présageait que du bon. L’occasion de boire plein de bières inconnues et de faire une sauvegarde des centaines de photos qu’on a déjà prises depuis notre arrivée.

Une fois rentrés au camping (dans la neige, déprime), on rallume un petit feu pour le dessert américain par excellence en camping : les s’Mores. Le nom vient de l’abréviation assez barbare de « I want some more » et la recette est assez simple : un marshmallow ramolli à la chaleur du feu de camp, placé entre deux biscuits « Grahams » avec un petit morceau de chocolat « Hersheys ». Les marques ne sont pas à prendre à la rigolade ici, si c’est pas des chocolats Hersheys et des crackers Grahams, c’est pas des s’Mores !

Soudainement, dans le silence de la soirée enneigée, on assiste à un moment surréaliste. Trois bisons déboulent en courant dans le camping à quelques mètres de nous et le traversent de part en part, en ligne droite. Un campeur qui était dans leur trajectoire a juste le temps de faire quelques pas de côté pour s’écarter de leur chemin car eux n’auraient pas dévié. On termine la journée comme on l’a commencée : en riant nerveusement sous la neige. La nuit s’annonce tout aussi froide que la précédente, mais si on a survécu à la première, on survivra à la deuxième ! Et on n’oublie pas de tirer les leçons de ses erreurs en mettant ses chaussures bien au sec avant d’aller dormir.

Vivement demain, pour une bonne nuit à l’hôtel bien au chaud.

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