Yellowstone : de l’entrée sud à Old Faithful

Ce matin, on se lève de bonne heure avec un seul objectif en tête : voir des ours sur la route du Yellowstone. Et c’est en quittant le Grand Teton National Park que Yannick réalise « l’impossible » en  repérant un ours en contrebas de la route ! Être bear aware aura payé ! On est les premiers sur les lieux, on fait un rapide demi-tour pour se garer à la hauteur de l’ours. Il s’agit d’un ours brun, déjà bien gros qui renifle et cherche sur le sol de quoi manger.

Dans les minutes qui suivent, d’autres voitures s’arrêtent pour contempler avec nous le spectacle. On savoure ce moment incroyable – avec une Pauline un peu stressée, car l’ours n’est finalement pas si loin de nous. On a un peu oublié les mesures de sécurité et ce ne sera pas la seule fois. L’excitation est parfois telle qu’on ne se rend plus compte du danger pourtant bien présent. Un ranger nous rappelle d’ailleurs à l’ordre, ce qui sonne l’heure du départ pour poursuivre notre route vers le Yellowstone. On va enfin entrer dans le célèbre parc via l’entrée sud qui n’est ouverte que depuis 24 h !

On a gagné pas mal en altitude depuis la veille et les murs de neige de part et d’autre de la route sont là pour en témoigner. En moyenne, il tombe 4 mètres de neige pendant l’hiver ici…

Carte Yellowstone

On fait notre premier arrêt au bord d’un lac complètement gelé (le Lewis Lake) sur lequel seul Yannick ose un peu s’aventurer. On savait qu’on aurait froid, mais on est vraiment en train de réaliser que les deux nuits suivantes seront encore sous tente… et dans la neige ! Heureusement l’euphorie compense largement !

Un arrêt à West Thumb s’impose pour admirer nos premiers mini-geysers. On fait le tour des différentes sources d’eaux chaudes sur les caillebotis. Elles donnent presque envie de plonger dedans tant l’eau est cristalline, mais c’est sans compter sur leurs « vertus chimiques » qui nous dissoudraient en un clin d’œil. En 2016, un gars de l’Oregon est tombé dans un des ces bains bouillants acides et on n’a jamais retrouvé ses restes…

Le promenade se poursuit au travers de fumerolles chaudes et humides à la bonne odeur de soufre.

On poursuit notre route jusqu’à Old Faithful. En plus d’être une étape où on trouve toutes sortes de commodités, c’est surtout là que se trouve la grande attraction du parc : le plus haut geyser qui porte le même nom. Un avantage non négligeable pour les touristes, on peut deviner à l’avance quand aura lieu sa prochaine éruption : 68 minutes après l’éruption précédente si celle-ci a duré moins de 3 minutes et 94 minutes après si elle a duré plus de 3 minutes. Si on aime pas les maths, il suffit de regarder l’heure de la prochaine éruption inscrite par les rangers sur un petit panneau.

On a de la chance, la prochaine est prévue dans 30 minutes. On en profite pour aller s’installer aux premières loges, loin de s’imaginer la foule qui allait s’amasser à nos côtés. Les gens arrivent par centaines alors que le geyser nous nargue en faisant de mini-éruptions. Le coup classique de l’appareil photo rempli de clichés dont seuls les derniers valent vraiment la peine.

En quelques minutes seulement, quelque 25 000 litres d’eau bouillante sont projetés à environ 50 m de haut, sous les « Oooh » et « Aaah » des touristes (et les « Haaaan » des Chinois).

Le Old Faithful est l’emblème du parc du Yellowstone et n’est qu’un des nombreux phénomènes paravolcaniques qu’on peut observer dans le parc. Tous les geysers, les fumerolles, les sources chaudes et les mares de boues sont le résultat d’un supervolcan de 55 x 72 km (la caldeira du Yellowstone) qui est endormi sous nos pieds et recouvre environ un tiers du parc. La dernière fois qu’il est entré en éruption, c’était il y a 640 000 ans et la fumée est montée à 30 km d’altitude avant de recouvrir la moitié des USA…

Une fois l’éruption terminée, on va dîner au Old Faithful Inn, un hôtel tout en bois qui vaut largement le détour, ne serait-ce que pour admirer le hall d’entrée. Pour ceux qui voudraient y loger, mieux vaut réserver un an à l’avance et être prêt à payer 400 à 500 euros la nuit…

Pour occuper notre après-midi, on avait planifié une randonnée. Mais vu que de nombreux trails sont encore fermés à cause de la neige ou pour que les ours « do their thing » dixit le ranger, notre choix est limité. On opte pour le Lone Star trail, un aller-retour vers le geyser du même nom. La promenade est censée être plutôt facile, mais c’était sans compter le mètre de neige qui recouvre encore le chemin.

A chaque pas, on s’enfonce dans la neige, ce qui rend la marche plus ou moins laborieuse le long de la Firehole River. On va le mériter ce geyser ! Le Lone Star a la particularité de jaillir environ toutes les 3 heures jusqu’à 13,7 m de haut (!), mais impossible de savoir à l’avance quand aura exactement lieu la prochaine éruption. En croisant quelques randonneurs qui viennent de le voir en activité, on comprend vite qu’on n’arrivera pas au bon moment. Et en effet, pas de chance pour nous, le dernier « jaillissement » a eu lieu environ 1 h avant notre arrivée, comme on peut le lire dans un petit cahier où chacun peut noter ses observations du geyser. Même si l’éruption en tant que telle n’est pas en cours, le Lone Star est en permanence en train de « barboter ». On y passera une demi-heure à profiter du calme et prendre quelques photos avant de reprendre courageusement le chemin en sens inverse !

On revient bien fatigués de la balade à cause de la neige qui nous a bien musclé les mollets. Il est temps de rejoindre notre camping du soir à Madison pour glander un peu avant le souper. En arrivant, on a tout juste le temps de monter nos tentes avant que la pluie ne se mette à tomber. Une vraie drache belge.

Un peu découragés et pas vraiment motivés à faire un barbecue dans la neige et sous la pluie, on décide d’aller souper à West Yellowstone, à une vingtaine de minutes de là, histoire d’être enfin au sec et au chaud avant d’aller dormir. Attirés par un stand de tir en face du resto choisi, on y rentre et on se fait presque convaincre par le patron de faire une petite séance, mais la raison est plus forte et on renoncera pour aller manger notre pizza. On va finalement se coucher dans nos sacs de couchage militaires, habillés avec 2 couches, sans savoir que la nuit nous réserve une belle surprise pour le lendemain !

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