De Savannah à Charleston

Après une bonne grasse matinée à l’hôtel Hyatt de Savannah dont on veut profiter jusqu’au bout, mais pas à la manière de Ross dans Friends, on quitte cette belle ville pour notre étape intermédiaire avant de rejoindre Charleston en Caroline du Sud, qui sera la dernière étape de ce road-trip dans le sud-est des USA.

Notre premier arrêt est Hunting Island où on souhaitait initialement camper. Pendant la préparation du voyage, plusieurs mois avant de partir, on a découvert qu’à cause de l’ouragan « Matthew » d’octobre 2016, le camping est fermé encore jusqu’à l’été 2017, car les reconstructions sont toujours en cours. Une fois arrivés sur place, de fait, il y a encore beaucoup de routes barrées et pas mal d’arbres cassés qui n’ont pas été évacués. On espérait toutefois pouvoir faire quelques promenades sur cette île qui a l’air magnifique, mais on nous confirmera au visitor center qu’aucune randonnée n’est possible, car les sentiers n’ont pas encore été réhabilités. On hésite un instant à passer les barrières posées par les rangers et braver l’interdit, mais les affiches et les amendes encourues nous font vite changer d’avis…

Puisqu’il est presque midi, on reste pour manger sur l’une des tables à pique-nique disposées à l’ombre des palmiers et profiter de la super vue. Le cadre est quand même très sympa ! On fait un petit arrêt le long de la route pour avoir une belle vue sur les salt marsh. En entendant des bruits bizarres, on se rapproche de l’eau et on voit que ce sont des centaines de petits blue crabs qui marchent et se réfugient dans les trous qu’ils ont creusés dans la boue dès qu’on s’approche un peu trop près. Ils ont tous une pince plus grande que l’autre, qu’ils balancent de gauche à droite, comme s’ils disaient bonjour !

On poursuit la route vers Edisto Beach qui sera notre destination du soir (là, le camping était ouvert). Entre Hunting Island et Edisto Beach, on fait un arrêt dans notre première plantation : Botany Bay. Cette ancienne plantation de coton et de céréales vaut le détour. On roule dans les bois pendant quelques kilomètres, pensant même un moment s’être perdus. La route est magnifique, car les arbres de part et d’autre du chemin forment une sorte de couloir ombragé, avec toujours cette spanish moss qui pend aux branches et rajoute à l’ambiance. A l’entrée de la plantation, il y a juste une dame âgée qui prend les plaques des voitures qui entrent et distribue un petit fascicule qui reprend une carte, la description du driving tour et quelques promenades possibles. On s’engage sur la piste dont la limite de vitesse est très réglementée pour éviter d’écraser les écureuils ! Oui, oui, une espèce relativement rare d’écureuil se trouve dans la plantation et il s’agit de la préserver.

La route sillonne entre les arbres et est bordée de grandes herbes vertes. Leur couleur est si intense qu’on dirait du faux ! On n’entend que les oiseaux chanter, et on croise des dindes sauvages au bord de la route ! Patience, Thanksgiving approche :)

Sur les 10 km de pistes, on alterne forêts, champs et marais côtiers. Il y a aussi quelques bâtiments modestes qui appartenaient aux propriétaires de l’époque. Il reste des vestiges des maisons des propriétaires qui étaient construites en dur, mais rien des maisons des esclaves qui elles étaient entièrement en bois.

On fait notre premier arrêt près d’une petite clairière où on trouve deux bâtiments :

  • Une ice house : aussi étonnant que ça puisse paraître, le bâtiment construit avec des coquilles d’huîtres servait à l’époque de « frigo » grâce à de la glace amenée de… Nouvelle-Angleterre, par bateau ! La glace était découpée pendant l’hiver sur les rivières gelées du nord-est des USA et isolée pendant tout le trajet dans de la sciure de bois.
  • Une grange pour stocker la nourriture des chevaux des garde-côtes qui patrouillaient le long des plages d’Edisto. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, ces garde côtes s’assuraient que toutes les lampes et bougies étaient éteintes dans les maisons le long de la côte. Ils faisaient ça pour empêcher les sous-marins allemands (les fameux U-boats) de repérer les navires américains via leur ombre sur les maisons illuminées de la côte. On en parlait dans notre article sur les Outer Banks.

Dans cette clairière, il y a 6-7 peintres qui sont installés avec leur petit matériel, en train de peindre la grande sur fond de clairière. Ils habitent tous dans la région et sont retraités, ce qui leur donne tout le temps de venir passer de longues journées dans le silence de cet endroit, à l’ombre de leur parasol. Quel moment paisible !

On sillonne toujours la piste à travers les champs de maïs, tournesols, blé, millet pour arriver à un petit débarcadère pour kayakistes. C’est une zone de marais salants (salt marsh) et la « plage » est quasiment exclusivement constituée de coquilles d’huîtres. Ça a un certain charme, mais avec les moustiques en trop !

Un peu plus loin, on s’arrête au bord d’un petit étang et le guide dit qu’on y voit souvent un alligator. On s’approche du bord parce qu’on pense avoir vu une pierre qui dépasse de la surface. Gros stress quand on voit deux yeux s’ouvrir sur les côtés, il est bel et bien là, mais heureusement il fait la sieste ! La bestiole a l’air de faire 6-7 m de long !

La boucle se termine par la traversée d’une forêt de live oaks qui étaient beaucoup utilisés pour construire les bateaux au 20e siècle, car leur bois est particulièrement sûr et dense, il résiste très bien à la pourriture.

Bref, ce petit tour en pleine nature amène une petite touche d’histoire tout en permettant de découvrir pas mal de faune et flore, le tout loin des touristes, car cet endroit n’est pas très connu, contrairement aux autres plantations de plus grande envergure qui sont maintenant de véritables musées en plein air.

En fin d’après-midi, on arrive à Edisto Beach, une petite bourgade qui se résume principalement à une plage de 5 km de long, le long de laquelle s’alignent plein de maisons sur pilotis avec vue imprenable sur l’Atlantique. On va se poser quelque temps sur la plage pour profiter des derniers rayons du soleil avant d’aller s’installer au camping du State Park, un peu plus enfoncé dans les terres. Il y a aussi un camping situé directement sur la plage, mais les réparations des dégâts causés pour l’ouragan Matthew n’étaient pas encore terminées…

C’est à nouveau une soirée classique camping : un bon barbecue de ribs et quelques bières avant d’aller s’endormir dans la tente avec les bruits de la faune nocturne en fond sonore. Demain, en route pour notre dernière étape : Charleston.

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