Les Outer Banks, Caroline du Nord

C’est la première étape de notre road-trip réalisé en mars dernier !

Après un atterrissage à Charleston en fin de matinée, et 15 min perdues à attendre une hypothétique navette vers les voitures de location (alors qu’elles étaient juste derrière nous), on se lance sur la route, direction le nord !

On passe la journée à longer la côte de la Caroline du Sud puis de Caroline du Nord. Au bord des routes, il y a plein de petites étales où les marchands vendent des fruits (dont surtout la pêche, fruit emblème de l’état voisin, la Géorgie), mais aucune n’est ouverte, on est encore trop tôt dans la saison…

Notre premier arrêt sera Myrtle Beach pour dîner. Pas vraiment du style qu’on affectionne, la ville consiste essentiellement en un mélange d’hôtels, de magasins d’équipement de plage, de toboggans aquatiques et de nombreux mini-golfs dans lesquels s’écoulent de petites rivières d’un bleu tout sauf naturel. Il paraît que c’est une ville bondée de touristes en été (10 millions de visiteurs !), comme les autres villes balnéaires situées sur le Grand Strand, cette plage de 100 km de long sur la côte de Caroline du Sud.

Bref, on juge sans visiter, mais ça restera pour nous une ville balnéaire cheap.

Wilmington, la ville des Frères Scott

Le prochain arrêt sera Wilmington en Caroline du Nord, imposé par Pauline, car c’est là qu’a été tournée la série Les frères Scott (One Tree Hill en anglais) ! On se promène un peu le long de la rivière Cape Fear et dans les rues : quelques bars, une petite salle de concert, une brasserie, une petite ville agréable, parfaite pour un arrêt détente au milieu des 500 km qu’on avait à parcourir ce jour-là. On tombe même par hasard sur le siège de ma nouvelle application préférée : Untappd !

Pauline est un peu déçue de ne pas avoir reconnu beaucoup d’endroits de tournage de la série, mais en repartant, on passe à côté de l’USS North Carolina (un navire cuirassé qui a servi durant la Seconde guerre mondiale). Juste à côté, se trouve le fameux Rivercourt de la série. Le terrain de basket n’est plus là, mais, ouf, on n’est pas venus pour rien !

Stacy, notre Airbnb du soir

On poursuit la route jusqu’à approcher de notre destination du soir, le hameau de Stacy, où on a réservé un Airbnb. Juste avant d’arriver, on fait un arrêt « coucher de soleil » dans le petit village de Marshallberg duquel on peut voir les premières îles-barrières au loin. Il s’agit du Cape Lookout National Seashore, l’équivalent maritime d’un parc national, qui protège 3 îles barrières sur lesquelles il n’y a même pas de routes. A part le phare de Cape Lookout et des chevaux qui vivent à l’état sauvage, isolés sur une des îles depuis plusieurs centaines d’années, il n’y a pas grand chose. Pour ceux qui recherchent de la solitude, c’est l’endroit rêvé !

On prend quelques photos et on respire à plein poumons l’air iodé qu’on avait plus eu l’occasion de sentir depuis l’été dernier sur les plages de Nouvelle-Angleterre.

Encore quelques kilomètres et on arrive chez nos hôtes du soir, Clarice et Arthur ! On est accueillis à bras ouverts, ça confirme la réputation des gens du Sud et qui les précède !

On est tellement loin de la civilisation qu’il n’y a nulle part où manger à moins de 30 km. On était prêts à les parcourir au risque de tomber sur une vieille cabine qui vend des crevettes frites au bord de la route, mais très généreusement, Clarice nous propose de souper avec eux. Ca y est, c’est décidé, les gens du Sud sont sympas, on en est convaincus !

Pendant qu’on les aide à préparer le souper, Arthur en profite pour nous montrer sa collection de canards en bois sculptés. Je n’avais pas remarqué, mais le salon est en fait rempli de petites étagères desquelles des dizaines de canards sculptés nous observent, awkward. L’explication d’Arthur dure facilement 20 minutes : il prend chaque canard dans ses mains et nous explique le nom du gars du village qui l’a sculpté. On découvre que c’est vraiment une spécialité du coin qui se transmet de père en fils, et que certains sculpteurs « stars » arrivent à vendre leurs canards pour plusieurs dizaines de milliers de dollars ! Marrant, mais un peu long. On passe ensuite à table. Clarice nous a préparé une de ses spécialités : les shrimp fritters. Faits avec des vraies crevettes pêchées à quelques kilomètres, du céleri, oignons, farine, eau, sel, poivre et quelques ingrédients secrets, passés ensuite à la friteuse. Super bon et super gras comme tout le reste du repas ! On se fait presque engueuler parce qu’on veut de l’eau et pas du thé glacé maison ou du soda. Cela semble difficile à concevoir que de l’eau nous suffise pour accompagner le repas. On s’est créé une explication dans nos têtes en nous disant que c’est tellement elle aime ça (ils ont bien bu un demi-litre de thé glacé chacun en soupant) ! Un peu awkward, mais ils sont attachants. Après le repas, on passe au salon pour discuter. Rapidement, Clarice oriente la conversation vers Trump. On découvre vite qu’elle a une opinion assez tranchée à propos des étrangers. Heureusement pour nous, on a le style caucasien… On vous passe les détails sur les préjugés, on a bien essayé d’argumenter, mais c’était peine perdue, puis on était les invités !

Le lendemain matin, on se réveille de très bonne heure, car un a un ferry à prendre à 7h00 à Cedar Island pour se rendre dans les Outer Banks ! Clarice s’est levée à l’aube pour nous préparer de petits sacs avec nos déjeuners, des sandwiches aux œufs et bacon. On est un peu gêné et on lui pardonne ses opinions politiques et sa vision relativement étroite sur le monde – sa gentillesse compense largement !

Une fois la voiture sur le bâteau, on monte sur le pont pour déguster les délicieux sandwiches – qui nous auront nourri toute la journée tellement la quantité était importante – et observer le lever du soleil sur la mer.

Carte outer banks avec noms

L’île d’Ocracoke

2h30 plus tard, on accoste dans la petite ville d’Ocracoke (qu’on est toujours incapable de prononcer correctement) et on commence par l’arrêt classique au visitor center. Comme on s’y attendait, il n’y a pas grand chose d’ouvert, car la saison commence réellement fin avril. On remonte l’île d’Ocracoke sans réellement s’arrêter. Il n’y a pas grand chose à  y voir à part des points d’accès à la mer en 4×4 pour les pêcheurs et un enclos dans lequel le National Park Service gardent les chevaux sauvages (cousins de ceux sur l’île de Cape Lookout). Ils étaient en liberté sur l’île depuis plusieurs centaines d’années, mais le gouvernement s’est décidé à  les garder en enclos à cause des trop nombreux accidents avec les voitures.

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Au bout de l’île, on met la voiture sur un deuxième ferry (gratuit) qui nous fait traverser le chenal et nous emmène, après 45 minutes de traversée, sur l’île suivante : l’île d’Hatteras. Cette dernière est protégée sous l’appellation de National Seashore et constitue avec l’île d’Ocracoke la célèbre chaîne d’îles-barrières qu’on appelle les Outer Banks (ou OBX en abrégé).

L’île d’Hatteras

Les 320 km des Outer Banks délimitent la baie de Pamlico qui, soit dit en passant, est le plus gros lagon de la côte Est des USA. Ce chapelet d’îles a aussi été le lieu d’événements marquants de l’Histoire :

  • les premières tentatives de colonisation de l’Amérique par les Britanniques avec l’histoire de la « colonie perdue » sur l’île de Roanoke dans les années 1580
  • le premier vol motorisé en avion par les frères Wright en 1903
  • l’American shooting season, période de plusieurs mois début 1942 pendant laquelle les sous-marins allemands (U-boats) ont coulé des centaines de navires alliés dans la région, ce qui a valu à cet endroit d’être renommé Torpedo Alley, un des cimetières de l’Atlantique

L’île d’Hatteras est un peu plus touristique, car elle est reliée par un pont au continent à son extrémité nord. En remontant l’île vers le nord, on fait un premier arrêt au phare de Cape Hatteras pour un léger pique-nique (les restes du petit déjeuner !). On peut d’habitude monter les 257 marches de ce phare pour avoir une belle vue sur les Outer Banks, malheureusement il n’ouvre que fin avril. On se contentera donc de prendre quelques photos de son beau motif en spirale noir et blanc.

On lit les panneaux et on apprend que le phare de Cape Hatteras, construit en 1870, a été bougé de 884 m en 1999 ! Oui c’est sérieux, ils ont déménagé d’un petit kilomètre le phare le plus haut des USA, une tour qui pèse 5000 tonnes et fait 61m de haut, comme ça, sans le démonter.

La raison est que les îles des Outer Banks sont très fragiles et l’érosion aminci la fine bande de sable d’environ 5 m chaque année ! Régulièrement, des maisons qui deviennent trop proches du rivage doivent, elles aussi, être déménagées.

De retour au déménagement du siècle : ils ont coupé le phare de ses anciennes fondations avec un câble garni de diamants avant de le poser sur une structure en acier qu’ils ont fait rouler sur des rails sur presque un kilomètre, un mètre à la fois. Seulement 23 jours plus tard, le tour était joué et le beau phare reposait sur ses nouvelles fondations, à l’abri des vagues.

On visite ensuite le petit musée juste à côté du phare, dans l’ancienne maison du gardien. On y apprend que la région a été le théâtre d’une véritable hécatombe navale pendant la Seconde guerre mondiale. Entre janvier et juillet 1942, seulement 3 U-boote (pour unterseeboot ou sous-marins) allemands qui étaient stationnés dans la région ont coulé à la torpille plus de 400 navires alliés et causé la mort de 5000 personnes pendant ce qu’ils ont appelé le Great American Turkey Shoot. A l’époque, des instructions avaient été données à tous les gens habitant sur la côte de ne pas laisser l’éclairage allumé le soir dans leur maison, car cela permettait aux Allemands de repérer l’ombre des bateaux qui passaient le long de la côte des Outer Banks. Les alliés ont finalement réussi à détruire les 3 sous-marins, mais non sans mal et, encore aujourd’hui, de nombreuses torpilles qui n’ont jamais explosé ornent les hauts-fonds au milieu des épaves.

Cape-Hatteras-Shipwrecks

On continue notre chemin sur la route NC-12 qui est par endroit à moitié recouverte de sable. On croise quelques bulldozers qui repoussent le sable dans les dunes, se battant contre le sort inexorable de ces fragiles bancs de sables qui s’érodent un peu plus à chaque grosse tempête.

On marque un autre arrêt au phare de Bodie. Il est un peu plus petit que celui de Cape Hatteras et a lui un motif ligné noir et blanc et, comme le précédent, l’accès n’est pas encore autorisé.

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Les Wright Brothers : first in flight

Fin d’après-midi, on arrive déjà à Nags Head où on a réservée notre nuit d’hôtel. Après avoir déposé nos affaires, on a encore le temps de faire un saut jusqu’au mémorial des frères Wright, situé juste à côté à Kill Devil Hills. En chemin, on voit des gens qui font du deltaplane (hang-gliding) en se lançant du haut des dunes. Ca donne envie, mais il faut réserver à l’avance et ça coûte 100$/pers…

Le mémorial se résume à une grosse butte artificielle sur laquelle trône un monument à l’effigie des deux frères et de 4 bornes qui marquent les points d’atterrissage de leurs 4 premiers vols réalisés le 17 décembre 1903.

Orville et Wilbur (pas facile à porter comme prénoms, mais on les excuse largement pour leur contribution au monde moderne) étaient deux frères, réparateurs de vélos dans l’Ohio, qui ont déménagé dans les Outer Banks pour développer leur idée de machine volante motorisée. La région était favorable à ce genre d’expérience, car il y avait en quasi permanence un vent stable, de hautes dunes desquelles se lancer et peu d’obstacles. C’était alors un lieu isolé où ils seraient tranquilles pour faire leurs expériences. Et puis le sable ferait effet d’amortisseur lors des innombrables crashs…

Après environ 3 années d’essais-erreurs et de développements entre 1900 et 1903, ils sont passé du simple planeur au premier vol motorisé en réalisant finalement 4 vols successifs le 17 décembre 1903, dont le dernier dura 59 longues secondes ! La suite fut une longue série d’améliorations qui font qu’aujourd’hui, on peut rentrer en Belgique en 7-8 h au lieu d’une semaine en ferry ! Merci qui ? Merci Orville et Wilbur !

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Sur le site du mémorial, on trouve aussi un aérodrome qui porte le code FFA pour First Flight Airport, une escale incontournable pour tout pilote qui passe dans le coin !

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Et les habitants de l’état sont d’ailleurs fiers de leur 2 inventeurs de génie : les plaques d’immatriculation de Caroline du Nord reprennent leur devise : First in Flight, là où dans le Connecticut c’est Constitution State ou dans le New Hampshire Live Free or Die, chacun son truc !

Soirée à Nags Head

C’est déjà l’heure de l’apéro et on va boire un godet dans la première brasserie du séjour : la Outer Banks Brewing Station. L’occasion de commander un flight (assortiment de 4-5 échantillons de bières) et d’enrichir mon compte Untappd ! On finira la soirée en soupant dans un restaurant de fruits de mers (le Blue Moon), avec un plat typique d’ici : le shrimp and grits, un mélange de crevettes et de bouillie de maïs concassé (cornmeal grits).

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Après une nuit passée en étant bercés par le son des vagues, en route vers l’intérieur du pays et la ville de Charlotte !

8 réflexions sur “Les Outer Banks, Caroline du Nord

  1. Nath dit :

    Et tu as croisé Lucas? Ou Brooke??! S’il y untapp, je vais réussir à convaincre Julien d’y aller!
    Sinon ça avait l’air trop trop beau!!

    J'aime

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