Cranberry Harvest

On a tous déjà vu une pub Ocean Spray ! Et bien le week-end dernier, on a décidé d’aller s’immerger dans le beau décor de la récolte de la canneberge (ou cranberry harvest pour faire plus cool) !

Eh oui, ici l’automne est arrivé, il y a des chrysanthèmes et des citrouilles partout, le foliage et ses couleurs incroyables sont là, et avec eux la saison de la récolte des cranberries !

Cette grosse baie cousine de l’airelle est surtout cultivée dans les états du nord des USA ainsi qu’au Canada. Pas loin de chez nous, dans le Massachusetts (j’arriverai jamais à l’écrire correctement du premier coup celui-là), se situe une grosse exploitation qui organise des visites guidées des bogs (ce sont les champs dans lesquels poussent la canneberge).

On a donc pris la route très tôt samedi dernier pour rejoindre Wareham qui est un petit village situé à 2h de route à l’est de chez nous, à l’entrée de la baie de Cape Cod. C’est entre autres à cet endroit que l’entreprise A.D. Makepeace Co. cultive la fameuse baie rouge depuis plus de 200 ans. Makepeace est le plus gros producteur du monde de cranberries, grâce à ses 1750 acres (environ 700 hectares) de bogs. Se trouve également ici à Wareham le plus grand bog du monde, il fait 75 acres (30 ha) ! Makepeace fait partie de la très célèbre coopérative Ocean Spray, qu’on connait même jusqu’en Europe.

On a raté de peu la fête (ici célèbre) du Cranberry Harvest Celebration qui a attiré le week-end du 8-9 octobre pas moins de 13 000 visiteurs dans la région. Cela ne nous a pas empêché de nous inscrire à une visite guidée qu’ils organisent tous les week-ends de récolte.

La visite commence en nous faisant embarquer dans deux bus scolaires jaunes (wouhouu, on aura mis au moins une fois les pieds dans un school bus) qui nous emmènent là où les canneberges sont cultivées. Je n’ai pas d’autre choix que de laisser traîner mes jambes dans l’allée centrale, car l’espacement des sièges est pire que dans un avion Ryanair (faut dire que c’est prévu pour transporter des gamins à la base). On entend les plus vieux autour de nous dire « It’s funny, I haven’t been in a school bus in 50 years« … tu m’étonnes. Le guide profite du trajet pour nous expliquer en quelques mots l’histoire de l’entreprise et les bases de la récolte des cranberries.

On apprend ainsi que les fameux bogs dont on entend parler depuis le début et vers lesquels on se dirige sont en fait des terrains entourés de digues dans lesquels poussent les arbustes qui portent la baie.

Le guide entre ensuite dans l’explication compliquée du cycle annuel que suivent les cranberries. La saison commence juste après la récolte, vers mi-novembre. Les bogs et les plants de canneberge sont inondés pour être protégés des grands froids pendant l’hiver. S’il gèle assez que pour former une couche de glace sur les bogs, une épaisse couche de sable est étendue dessus. Lors de la fonte à la fin de l’hiver, le sable tombera sur les plants, plaquant les branches les plus longues au sol. Ces dernières développeront leurs propres racines (comme le font les fraisiers) et multiplieront le nombre de plants à l’hectare, et donc la rentabilité du bog !

Au printemps, l’eau est évacuée pour que les plants puissent se réveiller et, peu après, les fleurs roses apparaissent : c’est le cranberry blossom (apparemment très beau, mais ne rivalisant certainement pas avec le cherry blossom). Vers mi-juillet, les fleurs laissent place à de petites baies qui vont grossir et devenir rouges sous l’effet du soleil estival. Vers mi-septembre/début octobre, la saison de la récolte commence et c’est là que ça devient intéressant !

Les cranberries peuvent être récoltées soit par dry harvesting ou par wet harvesting. La récolte à sec n’est pas bien originale, il s’agit de ramasser les baies à la main, comme on ramasse du raisin dans une vigne. Par contre, le wet harvesting est impressionnant d’ingéniosité ! Les bogs sont d’abord inondés sur environ 40 à 50 cm d’hauteur afin d’immerger partiellement les arbustes. Une machine spéciale passe ensuite dans les plants en les battant afin de détacher les baies. Le fait que les plants soient immergés àlors de cette étape permet qu’ils soient moins blessés par la machine. Vu qu’il y a une poche d’air dans chaque cranberry, ces derniers flottent et remontent à la surface (ben oui, si les baies coulaient, inonder les champs ne servirait qu’à faire de la boue et les photos seraient moches).

Plus d’eau est ensuite déversée dans le bog afin de faire monter le niveau encore plus haut et faire flotter les baies au-dessus des plants. Les récolteurs déploient alors un boudin flottant sur tout le pourtour du bog et l’utilisent pour ramener les baies dans un coin. Un système « maison » pourvu d’une pompe aspire les cranberries, les sépare de l’eau et des feuilles et les déverse dans des camions qui font la navette jusqu’à l’usine qui les transformera en produit fini. A l’arrivée, les camions sont pesés et des échantillons sont pris dans la cargaison pour réaliser plusieurs tests (couleur, taille, présence de feuilles et autres déchets…). Ah oui, il y a aussi un tri par rebond, car une bonne canneberge, ça rebondit, qu’on se le dise !

Une fois arrivés au bog, on débarque du school bus pour avoir enfin l’occasion de voir les récolteurs à l’oeuvre et la fameuse récolte de très près. C’est l’occasion de prendre quelques très belles photos (maintenant que j’ai fini de lire « La photo pour les nuls » et d’aller piquer quelques cranberries directement à la source pour voir ce que ça goûte (c’est pas mauvais, je m’attendais plutôt à un truc super astringent genre prunelle).

On continue d’enrichir notre culture cranberristique en écoutant le guide. Il nous explique que le rendement d’un bog est calculé en barrels/acres, et que les espèces natives donnent aux environs de 150 barrels/acres alors que les nouveaux hybrides développés récemment dans les universités peuvent atteindre 500 barrels/acres. Malgré toute la stupéfaction que cela apporte chez nous (et chez toi cher lecteur, nous en sommes certains, du moins si tu as lu l’article jusqu’ici), ça reste très flou pour nous car  1 barrel = 100 pounds = 45kg et 1 acre = 40 ares… on vous laisse faire le calcul !

On apprend aussi que les plants de canneberge ne sont exploités qu’à partir de la 4e année, car, avant cela, leur racines ne sont pas assez solides et les machines utilisées pour la récolte arracheraient le plan tout entier. Pendant les 3 premières années, les plants sont volontairement noyés quand ils sont en fleurs pour détruire ces dernières et stimuler la croissance des racines.

Le plus impressionnant dans l’histoire, ce sont les machines utilisées pour détacher les baies des plants et celles utilisées pour pomper les baies dans les remorques. Elles ont toutes été créées sur mesure par l’entreprise, et il n’existe nulle part où acheter des pièces de rechange ! Tout doit être fabriqué maison ! La compétitivité de chaque producteur repose donc en grande partie sur l’inventivité et l’imagination de ses ingénieurs …

De retour à l’entrée du site, on passe par le petit magasin dans lequel on peut bien sûr acheter toutes sortes de produits à base de cranberries : du jus, des Craisins (cranberries séchées), du gâteau aux cranberries, etc.

On se laisse tenter par un paquet de cranberries fraîches qui feront le soir même à la maison une délicieuse compote !

Allez, on vous laisse sur cette petite vidéo de surfeur cool dans un bog !

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