Zion National Park

Après la rive nord du Grand Canyon, le parc de Zion sera l’extrémité ouest de la grande boucle de notre road-trip, on n’a pas poussé jusque Las Vegas !

On arrive par l’entrée est et on comprend tout de suite que l’afflux touristique va être à la hauteur de la réputation de ce parc national !

On passe à côté de la Checkerboard Mesa dont le motif si particulier lui a valu son nom (signifiant échiquier ou damier). Ca nous rappelle beaucoup les polygonal sandstone que nous avions vu à White Pocket, dans le Vermillion Cliff NM. Ces grandes roches blanches avec des lignes verticales et horizontales qui délimitent des cases géantes font penser à un échiquier déifique (ben oui, toutes les curiosités ou presque de ce parc ont un lien avec une divinité). Les lignes horizontales ou cross-bedding sont assez communes et sont le résultat de l’accumulation de plusieurs couches de sable qui se sont solidifiées en sandstone. Les lignes verticales par contre sont beaucoup plus rares. Les scientifiques pensent que ces dernières sont des fissures créées par des cycles gel/dégel et compression/traction des couches rocheuses au fil des milliers d’années.

Plus loin, la route continue à travers le long tunnel du Mont Carmel avant de déboucher sur une série de lacets qui descendent jusqu’à l’entrée du canyon de Zion. Ce tunnel construit dans les années 20 est l’emblème du parc. On y circule normalement dans les deux sens mais suite aux accidents et accrochages récurrents, il devient à sens unique dès qu’un véhicule trop long ou trop large se présente à une des entrées. On fusille du regard le RV qui arrive en sens inverse et bloque le trafic dans notre sens depuis 15 min. L’accès à Zion devient depuis plusieurs années un véritable problème durant la haute saison. La fréquentation du parc est en constante augmentation (+ 14 % chaque année, avec près de 4 millions de visiteurs en 2016).

On pensait être un peu plus au calme en septembre, mais la haute saison s’étale ici d’avril à octobre… on a même entendu des avertissements à la radio conseillant de ne pas visiter le parc, mais plutôt privilégier les autres situés aux alentours !

Bref, après avoir péniblement trouvé une place de parking au Visitor Center et dîné avec nos restes de la veille, on se lance dans une petite randonnée, celle des Emerald Pools.

Les véhicules sont tenus de rester au parking à l’entrée. Dans Zion, il n’y a pas de scenic road sympa à parcourir en voiture. Le seul moyen de s’enfoncer dans le parc est d’emprunter les navettes qui déposent les touristes à un des 8 arrêts qui jalonnent le canyon et d’où partent les diverses randonnées. Seuls ceux qui ont réservé une nuit dans le luxueux Zion Lodge pourront entrer dans le parc avec leur propre véhicule grâce à leur red permit. On prend donc la navette jusqu’à l’arrêt de la Zion Lodge et entamons notre ascension vers les trois Emerald Pools (Lower, Middle et Upper). La promenade est très touristique, car assez facile, mais la majorité des gens s’arrêtent à la Lower Pool et ne continuent pas pour voir la Middle et la Upper Pool, car le dénivelé s’intensifie. Vu que l’après-midi est encore loin d’être terminée, on pousse jusqu’au bout. Il fait chaud, mais les quelques cascades sous lesquelles on passe et qui amènent une petite bruine sur nos visages écarlates rendent la chaleur supportable. On est un peu déçus par ces trois pools que l’on nous avait un peu survendues en vantant leur couleur émeraude (qui est plutôt « vert mare stagnante » au final), mais les vues tout au long de la randonnée sont impressionnantes. Au bord de la Upper Emerald Pool, on se retrouve au pied d’une impressionnante falaise en navajo sandstone. En hiver, une cascade tombe du dessus de la falaise (300 m plus haut) directement dans la Upper Pool, mais il est à sec en été.

On profite du moment et on rigole en voyant un groupe qui boit ce qui ressemble à du whisky chaud (rien à foutre des 30°C et des insolations) tout en criant dans un cadre qui, sans eux, serait un petit havre de paix.

En redescendant, on croise une tarentule sur le chemin ! Oui, oui, une tarentule ! On se contente d’observer et prendre des photos de loin, mais une fille derrière nous panique complètement, incapable de continuer la descente. Elle finit par passer à côté de la tarentule en courant (et en pleurant). Son copain essayera pendant tout le reste de la descente de la calmer, mais elle n’a décidément pas l’air prête à faire Fort Boyard (nous non plus ne vous méprenez pas).

On reprend la navette pour rejoindre le musée de Zion histoire d’en apprendre un peu plus sur le parc et son histoire. On avoue qu’on a surtout été voir le film de 22 minutes pour la climatisation de la salle de projection. Dehors, un ranger a installé une lunette qu’il a orientée sur un nid de condor creusé dans une paroi rocheuse. Tout le monde y jette un coup d’œil à tour de rôle et on peut enfin compenser notre frustration de Vermillion Cliffs en voyant un jeune condor qui pointe le bout de son bec (ben oui, les condors n’ont pas de nez petit malin) hors du trou dans la paroi. Le ranger nous explique qu’il est encore très jeune et ne sera capable de volet que d’ici deux semaines. En attendant, il sort parfois à l’entrée du nid pour étendre ses ailes et les sécher (le bazar fait quand même déjà 2 m d’envergure). On en apprend aussi un peu plus sur ce cruel oiseau : lors de l’éclosion des œufs, le premier pousse les autres dans le vide pour être le seul survivant. Et dire que je croyais être méchant avec ma sœur quand j’étais petit.

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Un autre ranger talk se prépare juste à côté, sur le thème de la géologie et de la formation de toutes ces pierres multicolores qui nous entourent. Une fois de plus, on enrichit notre culture en apprenant comment le fameux navajo sandstone s’est formé il y environ 200 millions d’années via ce qu’on appelle la lithification.

Une fois devenus très intelligents, on reprend la navette pour retourner à la voiture. Il reste encore un peu de temps avant la soirée et on en profite pour aller voir les pétroglyphes secrets de Zion. On n’en parle nulle part dans les dépliants, mais on était tombés sur un site qui donnait vaguement les indications pour y accéder. On repart vers l’est, retraverse le tunnel du Mont Carmel et repère le parking avec la petite barrière en bois duquel démarre la promenade. On a l’impression de suivre une piste aux trésor ! On arrive assez facilement aux pétroglyphes où se trouve un carnet dans lequel les rares visiteurs s’enregistrent. De fait, le site est très peu connu, car seule une quarantaine de touristes visitent le site chaque mois (sur les 450 000 qui entrent à Zion).

Sur le chemin vers le camping, on s’arrête pour aller boire un verre dans la brasserie locale et on découvre par la même occasion la très particulière intend to dine law de l’Utah qui interdit à un restaurant de servir de l’alcool sans nourriture. On se voit donc obligés de commander quelques onion rings à deux pour pouvoir boire une bière. Le ridicule et les failles de cette loi nous font rire, mais apparemment c’est comme ça dans tout l’Utah (malgré qu’on ait été dans pas mal d’endroits qui s’en foutent pas mal et ne font pas respecter cette loi). On a pas tenté d’en recommander une deuxième pour voir s’ils nous obligeraient à manger un autre truc gras !

Enfin arrivés au camping, on ne soupera finalement même pas, tellement ces onion rings étaient bourratifs ! Vive les USA. On aura droit à une nuit super étoilée ce soir là, l’occasion de faire une nouvelle tentative de photos de nuit et rentabiliser notre trépied ! Ca donne pas mal !

On se lève tôt le lendemain, car on a prévu de faire une des plus célèbres randonnées des environs : Angels Landing. Le début de la randonnée part de l’arrêt « the Grotto » pour très vide gagner en dénivelé positif. La randonnée n’est en soi pas très longue (5 miles), mais le dénivelé totale est de presque 500 m. La première portion monte fort, mais heureusement est encore à l’ombre à l’heure où on y passe (vers 8h).

La suite est un peu plus plate avant d’arriver au pied des Walter’s Wiggles. Le nom peut sembler comique, mais détrompez vous ! Il s’agit d’une série de 21 lacets, probablement la portion la plus pentue de toute la randonnée.

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Une fois arrivés au dessus des Wiggles commence la partie plus sérieuse. Il faut se tenir à une chaîne et le passage se réduit à quelques mètres de largeur à certains endroits, avec un précipice de plusieurs centaines de mètres des deux côtés. C’est aussi là que ceux qui ont peur du vide font demi-tour (ou s’arrêtent, comme Pauline, complètement tétanisée). La vue de là-haut est, comme prévu, à couper le souffle. C’est d’autant plus agréable, car mérité après une ascension pareille !

Lors de la descente, on est presque obligés de courir tellement la pente est forte et les jambes flageolent ! Il est environ 11 h quand on est de retour au début de la promenade. C’est diaboliquement jouissif de voire ceux qui entament seulement la montée (maintenant exposée au soleil) et qui sont déjà en nage après 500 m… on se sourit tous les deux avec un plaisir cruel en imaginant ce qu’ils vont endurer dans une heure dans les Wiggles !

Ayant eu notre compte de randonnée dans la partie la plus touristique du parc qu’est le Zion Canyon, on décide de visiter une portion beaucoup moins fréquentée : le Kolob Plateau. Pour s’y rendre, il faut sortir du parc par l’entrée ouest et emprunter pendant une petite heure une route de montagne qui nous fait monter 1500 m plus haut. Le décor est complètement différent et les rochers et falaises rouges et blanches du Zion Canyon laissent place à des grands plateaux montagneux (meadows) ornés de grandes herbes jaunes.

Les ranchs se comptent par dizaines le long de cette route sinueuse. On arrive finalement au bord du Kolob Reservoir qui est une destination de choix pour les pêcheurs des environs. Il fait très calme et seuls quelques RV’s sont venus s’installer au bord du lac pour y passer quelques jours de détente. On pic-nique sur place, au milieu des canards.

En redescendant vers la vallée, on fait un arrêt au Lava Point duquel on peut observer une longue traînée de gros rochers noirs, issus d’une coulée de lave primitive. Il n’y a personne à part nous et un groupe de touristes américains en train de tenir un débat dont le sujet à l’air d’être « est-ce que, oui ou non, les Canadiens sont des gens bien ». Ils n’en étaient pas encore arrivés à la conclusion lorsqu’on est partis, mais certain avaient l’air d’avancer de très bon arguments.

Et voilà, c’en est fini pour Zion, on quitte le parc et pour la première fois du séjour, on roule vers l’est pour rejoindre notre prochaine étape. C’est le milieu du séjour et on ira pas plus à l’Ouest que Zion. Las Vegas n’était pourtant plus très loin, mais ça sera pour l’an prochain !

On fait un arrêt exploratoire à Bryce Canyon NP qui est notre visite du lendemain afin de voir s’il ne reste pas des places au camping par le plus grand des hasards, mais ce n’est pas le cas. On loge donc dans le camping du Kodachrome Basin SP qui était notre solution de repli. Ce State Park est super désert et on se retrouve quasiment les seuls dans un camping désert entourés de hoodoos rouges.

Après un souper spaghettis, on passe la soirée au bord du feu à observer les étoiles et à apprendre de nouvelles constellations grâce à la nouvelle application à réalité augmentée que j’ai installée sur mon GSM. On sait maintenant où se trouvent les constellations du Scorpion et du Sagittaire, en plus de la Grande Ourse et de Cassiopée qui étaient les seules qu’on était capable de reconnaître jusqu’ici. Incroyable à quel point on s’est cultivé durant ce voyage de noces !

Le lendemain matin, on retourne sur nos pas pour retourner à Bryce Canyon. Les lapins traversent la route par dizaines et on est obligé de rouler à 30 à l’heure pour ne pas faire de petite victime.

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