Moki Dugway, Valley of the Gods et Monument Valley

Après une douche aux directives bien claires, on quitte Mesa Verde de bonne heure pour rouler en direction de notre destination du soir : Monument Valley !

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On passe par Cortez qui est la dernière ville avant d’entrer à nouveau en tribu indienne pour les 2 prochains jours et, par conséquent, dernière ville où on peut acheter de l’alcool. Car oui, l’alcool est interdit en territoire indien et il y a une bonne raison ; l’alcool est un fléau chez eux et cause quatre fois plus de morts chez les Amérindiens que chez les autres Américains. Après quelques petites courses, on continue donc vers l’ouest et on décide de s’arrêter au 4 corners Monument, vu que c’est sur la route.

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C’est bien la seule chose qu’on ait faite et qu’on vous déconseille : les Indiens qui détiennent le terrain font payer 5$ par personne pour entrer. Le site, bien qu’étant le seul endroit des USA où 4 états se rejoignent en un point, n’a vraiment rien de particulier. L’attraction locale est bien entendu de se faire prendre en photo en jouant à Twister sur la frontière, un membre sur chaque état (pour ceux qui en ont quatre bien sûr). Hormis cela, quelques babioles à vendre, mais on a vite fait de passer son chemin. Ah si, une petite anecdote, une scène de Breaking Bad y a été tournée, saison 5 épisode 14 pour les fans :)

On continue notre chemin dans un nouvel état : l’Utah. De plus en plus de gros rochers rouges se dessinent à l’horizon. L’idée nous prend de sortir un peu des sentiers battus pour faire un peu de piste et aller voir Recapture Pocket.

Bien mal nous en a pris, car c’est en repartant que la voiture a attrapé le syndrome de la roue qui couine. Et qui couine méchamment. On décide de continuer jusqu’à la petite ville de Bluff (ce n’est pas une blague) avec une roue avant gauche qui hurle à la mort et bien sûr tout le monde qui nous regarde en se demandant si on est conscients que notre voiture n’en a plus pour longtemps. On s’arrête à l’unique pompe à essence où on nous dit que le garage le plus proche est à 80 km, et bien sûr on est dimanche, donc même pas certain qu’il sera ouvert (ben oui enfin, ces choses-là n’arrivent que le dimanche !). On décide donc de s’écarter de l’itinéraire prévu et se diriger vers le nord, vers la ville de Blanding, au pire on continuera pour rejoindre une ville plus grande encore.

Par chance, en chemin, le petit caillou qui était surement coincé entre le frein et la roue se décroche et le syndrome de la roue qui couine disparaît ! Le sentiment est encore plus satisfaisant qu’une migraine qui passe après avoir pris 2 g de Dafalgan !

On prie pour que ça ne réapparaisse pas et on bifurque vers l’ouest pour retourner sur l’itinéraire qu’on avait initialement prévu. En roulant sur la UT-95, on traverse un étroit couloir creusé dans la Comb Ridge qui est une crête rocheuse de 130 km de long orientée Nord-Sud, sorte de cicatrice créée il y a 65 millions d’années lors d’un glissement de plaques tectoniques. A la sortie de ce quasi tunnel creusé dans la crête s’offre à nous un vue à 180° qui sera une des plus belles de tout le séjour. Merci la roue qui couine de nous avoir détourné de notre route initiale ! On voit à des dizaines de kilomètres à la ronde et les roches offrent des dégradés de rouge, orange, blanc à couper le souffle. On se pose quelques minutes, juste pour profiter du moment et se rendre compte de la chance qu’on a de voir des choses pareilles. Si on nous avait dit à Bonnert ou à Engreux qu’on verrait ça un jour, on ne l’aurait pas cru !

On tourne un peu plus loin vers le sud pour se diriger vers un endroit incontournable de notre périple (que j’avais déniché sur dangerousroads.org, ça ne s’invente pas) : Moki Dugway. Il s’agit d’une route (piste) en lacets qui permet de descendre les 360 m de dénivelée qui séparent le dessus de la Cedar Mesa du fond de la vallée. Le passage a été construit par les mineurs d’uranium pour acheminer le minerai dans les années 50. La vue du dessus permet de voir à une centaine de kilomètres et est également parmi celles qui nous ont le plus marquées, mais la descente et la vue sur les lacets qui serpentent en contrebas restent aussi très impressionnantes. C’est clair, on est dans les grandes étendues de l’Utah, c’est comme dans les films !

Une fois en bas, on entame un petit circuit dans la Valley of the Gods. L’occasion de faire un parallèle facile, mais néanmoins cocasse avec le patronyme de Pauline. Comme avec le Garden of the Gods du premier jour, la blague commence à sentir le réchauffé.

La Valley of the Gods renferme d’énormes rochers rouges (mesas, buttes, towers, mushroom rocks selon leur forme) qui donnent l’impression de surgir du sol, mais qui ne sont en fait que les restes de l’érosion d’une couche qui occupait l’intégralité de la zone il y a des millions d’années. Ils portent tous des noms liés à ce que leur forme a évoqué à l’époque : on compte parmi eux Battleship Rock, Lady in a tub, Seven Sailors, Castle Butte et j’en passe.

Après avoir roulé le long de ces géants imposants, on continue la route vers Monument Valley sur l’US-163. Les gros rochers rouges dans le même genre se multiplient, le décor est surréaliste ! On passe à l’endroit célèbre de la scène de Forrest Gump (d’ailleurs renommé Forrest Gump Point) où des dizaines de gens prennent des selfies en plein milieu de la route. C’est super dangereux, les camions klaxonnent en passant, et un couple de Chinois semble vraiment prêt à mourir pour ce selfie. Ce ne sera finalement pas le cas, on a passé 10 minutes à les regarder pour connaître l’issue tragique ou non de cette séance photo.

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On arrive enfin à destination pour la nuit après avoir encore dû payer 20$ d’entrée sur le circuit de Monument Valley au début duquel se trouve notre hôtel. C’est le seul craquage du séjour, mais après tout on est en voyage de noces : on s’est réservé une cabin avec vue sur ce décor incroyable. On a passé la majorité de notre temps assis sur notre petite terrasse, à profiter en silence du paysage et du coucher de soleil.

A gauche au premier plan, West Mitten Butte, East Mitten Butte au milieu et tout à droite, Merrick Butte. Et on apprend au passage que « mitten » signifie moufle ou mitaine, tout prend son sens !

Seul bémol, le souper… Les choix pour manger sont assez limités au milieu du désert et c’est soit le restaurant de l’hôtel soit celui d’à côté. On se décide pour celui d’à côté et on aurait préféré se faire à manger nous-mêmes. Bref, on vous conseille de prendre votre nourriture si vous vous retrouvez un jour là-bas. On terminera la soirée avec une bouteille de vin sur la terrasse, à regarder les étoiles (et faire quelques essais de photos nocturnes, plutôt réussis pour une première). Là où c’est moins charmant, c’est qu’on n’a pas de verres et qu’on boit le vin dans nos tupperware triangulaires, dont un (mal lavé de la veille) qui donne un goût de poulet assez prononcé à ce merlot… Le tout dans l’illégalité la plus complète vu qu’on est territoire indien !

Le lendemain matin n’est pas trop mal non plus, on se fait réveiller par le soleil qui pointe le bout de son nez derrière The Mittens. Le décor vaut tout l’or du monde.

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Après un petit déjeuner devant cette vue imprenable, on se met en route vers la ville de Page en traversant le territoire des Amérindiens Navajo qui occupe une bonne partie de la région des Four Corners.

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