Great Sand Dunes National Park

Depuis Cañon City, on longe l’Arkansas River pendant de nombreux miles et on ne compte plus les embarcadères/débarcadères d’où démarrent les amateurs de rafting. Ça a l’air génial, mais ce n’est hélas pas au programme pour nous cette fois-ci…

Après avoir contourné les Sangre de Cristo Mountains par le nord, on replonge vers le sud en longeant cette chaîne de montagnes sur la plus longue ligne droite sur laquelle j’ai jamais conduit (60 km) et en faisant beaucoup d’arrêts photo. Les Sangre de Cristo constituent l’extrémité sud des fameuses Rocheuses et seront notre arrière plan du soir dans le parc de Great Sand Dunes.

Un peu avant le parc, on décide de faire un crochet par le petit village de Crestone qui est apparemment un village fantôme. Une fois arrivés sur place, on nous indique des maisons, mais le village s’avère finalement être un centre spirituel où se côtoient plusieurs religions et croyances. On y trouve un temple hindou, un centre Zen, un monastère carmélite, un temple bouddhiste tibétain, et beaucoup, beaucoup de gens avec des dreadlocks. Autant dire qu’on fait tache, surtout quand on rentre dans la nano-brasserie du village pour s’abriter de la pluie et au passage déguster une bière locale. L’affichette pour la soirée mystique de purification des énergies du weekend suivant finit de nous faire peur et on se remet en route vers le parc.

Une fois arrivés à Great Sand Dunes NP (oui, faudra s’habituer, NP ça veut dire National Park, SP State Park et NM National Monument), on s’installe au camping qui est coincé entre les dunes et les montagnes. On se prépare notre petit barbecue et repas du soir avec coucher de soleil sur les dunes et on se croit au paradis. Après le repas, et parce que le soleil se couche à 19h30 et que c’est un peu tôt pour aller dormir, on va assister au Ranger talk du soir à l’amphithéâtre du camping dont le thème du jour est la comparaison entre leur Parc National et la planète Mars. Beaucoup de raccourcis suspects et une explication sur les aurores boréales très boiteuse (« …ce sont les ions des nuages qui vibrent… »), mais on apprend pourquoi ces dunes se sont retrouvées ici en plein milieu du continent, et ça c’est cool ! Je pourrais essayer de réexpliquer ça ici, mais ça serait embêtant et puis l’animation sur cette page est vachement plus pédagogique.

Après une seconde nuit en tente rythmée par les cris des coyotes dans la montagne, on se réveille et on déjeune avec le soleil qui se lève en illuminant les dunes ainsi que les sommets encore enneigés dans notre dos… pas facile la vie !

Après un petit crochet par le Visitor Center pour récupérer la brochure du parc, on part en randonnée dans les dunes. Il est temps d’aller voir de plus près ce qui rend le paysage aussi magnifique, même lorsqu’on était encore à 30 km de distance sur la route la veille !

La Star Dune, la plus haute dune du Parc (et d’Amérique du Nord !) fait 230 m de haut, mais la randonnée jusque celle-ci prend 5 heures. On décide donc juste d’escalader les dunes jusqu’à en avoir marre, en espérant atteindre une hauteur suffisante que pour avoir une belle vue sur tout le parc.

Avant d’accéder aux dunes, il faut traverser la Medano Creek qui est, en septembre, une minuscule rivière presque asséchée, mais qui peut ressembler à une vraie rivière en juin, et où un phénomène rare appelé surge flow peut même créer des vagues !

La montée dans le sable s’avère plus fatigante que prévue, certainement à cause des 8000 pieds d’altitude auxquels on se situe et aussi certainement à cause de notre condition athlétique… Bref, on se contente d’un sommet atteint au bout d’1h30 et on admire la vue, c’est vraiment à coupe le souffle. Au moment de redescendre, on regrette de ne pas avoir loué un sledge (luge) au Visitor Center, car ceux qui en ont s’amusent comme des gamins. On se contente donc de courir en remplissant nos chaussures de sable fin qui a 400 000 ans et en espérant ne pas finir la tête la première dedans !

Fin de matinée, on décide de prendre le chemin « 4×4 only » (Medano Pass Primitive Drive) qui longe les dunes vers le nord. On roule jusque Castle Creek où on s’arrête pour profiter du calme lié au fait que cet endroit est un peu moins accessible que le reste du parc. Ici, les dunes sont beaucoup plus abruptes. On se retrouve littéralement au pied d’un mur de sable. C’est l’endroit idéal pour venir pique-niquer ou passer la nuit en backcountry camping.

Il est déjà temps de reprendre la route pour rejoindre notre destination du soir, Navajo Lake State Park ! La route initialement prévue et conseillée par le GPS nous semble trop simple et il nous reste une demi journée entière. On (ou plutôt je…) décide donc de corser un peu le tout en rajoutant quelques pistes (et donc heures) à notre itinéraire.

Le premier arrêt est d’abord Alamosa, car on a faim, et on doit racheter des glaçons pour le frigo-box ! On dîne à la San Luis Valley Brewery, et c’est bon ! Vous verrez dans les récits des prochains jours, la brasserie locale sera souvent notre choix pour manger, car toujours une valeur sûre et l’occasion d’enrichir notre culture zythologique.

On continue ensuite la route en passant par Antonito avant de franchir la frontière du Nouveau-Mexique et traverser Chama où on voit le train qui parcourt la Cumbres & Toltec Scenic Railroad et dont la locomotive crache une fumée noire digne d’un western. La balade en train est assez chère (150 $ pp) et dure toute la journée, mais doit certainement valoir la peine ! On continue en traversant plusieurs cols à plus de 10000 pieds d’altitude (3000 m) jusqu’à rejoindre Dulce.

C’est à partir de ce moment-là que débutent les 40 miles (65 km) de piste qui nous séparent de notre destination du soir. L’entièreté du trajet se fait en territoire indien (d’abord la Jicarilla Apache Nation puis ensuite la Ute Tribe) et les maisons ou plutôt ranchs sont rares et quasiment tous à vendre. A mi-chemin, on traverse enfin un vrai village fantôme : Pagosa Junction. L’ambiance est vraiment particulière et le paysage sublime, avec quelques maisons en bois, une église et de vieux wagons abandonnés et tout rouillés. On termine à l’autre extrémité de la piste sans avoir croisé une seule voiture en 65 km…

Le camping du soir se situe au bord d’un grand lac, le Navajo Lake, du nom du peuple indien Navajo (second peuple amérindien avec 300 000 membres, derrière les Cherokee). Il fait plutôt désert, les moustiques commencent à attaquer et l’orage se profile à l’horizon. Il nous atteint d’ailleurs rapidement. On finit par souper avec des raviolis en boîte en dessous d’un abri avant d’aller griller quelques S’mores au barbecue pendant l’accalmie.   Pour ceux qui ne savent pas ce que sont des S’mores, voir notre article sur le Vermont où nous relatons notre première rencontre avec cette spécialité culinaire américaine ! On se couche de bonne heure, bercé par le tonnerre. Demain, un autre parc national nous attend : Mesa Verde (cliquez pour lire la suite du séjour dans l’article suivant !).

4 réflexions sur “Great Sand Dunes National Park

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